139 Boulevard Saint-Germain

Publié le par Peleran

 

Dimanche 18 septembre 2011, Paris (et environs).

 

296368_144148645682283_160189925_n.jpgLe gymnase ne se réveille pas vraiment avant dix heures environ. Vers onze heure, appel à l'assemblée, afin de débattre de certains problèmes, lire le communiqué concernant la répression de la B.A.C la veille au soir, et parler d'autres détails. Je tente d'écouter ce qu'il se dit, mais le sommeil me rattrape rapidement, surtout vu que ce qu'il se dit ne m'intéresse pas plus que ça vue que je ne compte pas rester avec la marche très longtemps. J'ai mon billet de retour à la date de mardi 19, donc dans deux jours. Vers une heure, tout le monde se motive pour rejoindre Paris. Je préfère quand à moi y aller à vélo, et d'ailleurs une espagnole voyageant comme moi accepte que nous y allions ensemble. Aparament, elle connais la route, car elle est venue hier soir à vélo. Nous partons donc vers la gauche en sortant. Nous sommes arrivés de l'autre côté hier soir.... Cinq minutes de vélo dans la ville, et nous repassons devant la place d'hier soir, juste à côté du gymnase. Aparemment, elle connais la route ! En tout cas, l'office de la Société Générale n'a pas été nettoyé et je revois les images du ridicule de la police hier soir... Nous repassons le pont et arrivons sur une piste cyclable longeant la Marne. Là, nous prenons à droite. Un cycliste nous confirme que nous sommes dans la bonne direction pour Paris. C'est déjà ça. Les bords de la rivière défilent sous nos coups de pédales. Quelques Nous sommes pour l'instant dans un endroit assez urbanisé, avec une piste cyclable bien aménagé. Au bout de quelques minutes, nous nous retrouvons dans un immense vide grenier, bondé de gens. Pied à terre, nous devons à présent faire passer nos vélos à travers la foule. Mais la brocante se tient sur plusieurs kilomètres le long des berges, et nous perdons une bonne heure à nous frayer un chemin. Pour ne pas arranger la situation, la cycliste espagnole ne comprend pas un mot de français, et je ne pige pas grand chose non plus dans sa langue. Pourtant, en la faisant bien répetter, j'arrive à comprendre l'essentiel, et à lui faire entendre ce que je veux lui dire, à grand renfort de gestes. Au bout d'un moments, n'en pouvant plus de cette foule, nous prenons une rue sur la gauche, et nous sortons ainsi des bords de la Marne . Nous roulons deux kilomètres sur une route assez fréquentée puis retrouvons les berges, ici vides de toute vielleries.  Ma camarade m'assure que "Paris es por aqui ». Nous suivons donc toujours la Marne, et le paysage me semble être de plus en plus naturel, et que la « civilisation » est de moins en moins présente. Bizar aux abords de Paris Nous arrivons enfin à un petit chemin équestre longeant toujours la Marne. Des cavaliers sont d'ailleurs là. Je m'arrête et leur demande si c'est bien la direction de Paris. Pas du tout ! Paris est dans l'autre sens ! Nous devons repartir jusqu'à là où il y avais la Brocante, et de là prendre sur la droite. Quel poisse ! D'un regard que je lui lance, je fais vite comprendre à l'espagnole que je suis pas d'humeur. En 20 jours de trajet, c'est la première fois que je me perd. C'est ça de se laisser guider ! D'autant plus que j'ai faim!

 

Nous repartons dans la direction opposée, jusqu'à la brocante. Nous n'avons pas à la retraverser cette fois-ci, et nous prenons vers la droite, comme on nous a dit. Je ne sais absolument pas où nous sommes, et nous écoutons les indications des passants, sauf deux jeunes du coins aux opinions contradictoires mais clairement absurdes dès le premier abord. Puis, un passant plus éclairé que les autres parviens à nous faire tout un récapitulatif du chemin à prendre, avec au final le bois de Vincennes. Nous suivons donc ses indications et parvenons sans difficulté à cette forêt de la frontière est de Paris. Nous la traversons donc, passons devant le château de Vincennes et continuons tout droit. Nous sommes en haut d'une colline, sur une hauteur de Paris, et devant nous s'étend la ville, avec la tour Eiffel qui se distingue bien, droit devant nous. Toujours tout droit, Porte de Vincennes, toujours tout droit, Nation avec ces grandes statues, toujours tout droit, et enfin la Bastille ! Devant les marches de l'opéra, toujours fermées par des barrières et surveillées par des CRS, les « indignés » sont là. Je reconnais de nombreux espagnols des deux marches, et des français, de Paris ou d'ailleurs. Une assemblée se tient. Je rejoins Thibault et Yann, amis de Luchon, dont Thibault que j'avais vu en Bretagne. Etant sur Paris, ils sont venus me voir à la Bastille, et avaient du m'attendre tout le temps que la cycliste et moi rejoignons la place. Nous partons donc boire un verre tranquille dans le coin.

 

310587_144232169007264_425232228_n.jpgDe retours à la Bastille, nous nous glissons dans la foule pour aller écouter l'assemblée. Deux ou trois cents personnes sont présentes sur la place, et une dizaine de cars de CRS un peu plus loin le long du trottoir. Une fois de plus, c'est une assemblée d'expression, où le micro circule. Certains dénoncent, d'autres proposent, commentent, exposent leurs idées, expliquent une situation, etc... De nombreuses personnes viennent donc s'exprimer, citoyens certes lambdas, mais connaissant bien mieux les problèmes auquel ils sont confrontés que n'importe lequel des démagogue politiciens, et ayant bien plus réfléchis à des solutions que n'importe quel technocrate carriériste. Plus tard, on donne cette fois le micro à HK, du groupe HK et le Saltimbanques (ex M.A.P) qui vient rapper un peu parmis nous, accompagné d'un guitariste (et il me semble aussi d'un joueur de derbouka). Tout le trottoir se me donc à danser, à chanter sur les airs de « On Lâche Rien » ou autres. Un autre groupe moins connus passe ensuite, puis « La Chorale des Indignés de Paris ». S'ensuit une assemblée entre les deux marches pour savoir quoi faire, si on campait avec les deux marches réunies, quand est-ce qu'elles reprenaient leur route vers Bruxelles, etc... Les deux marches repartent vers dix heures à leur lieu de replis. Barrières sautées, vélo dans les airs, métro, TER, vélo dans les airs, barrières sautées et nous voilà au gymnase, cette fois sans passer par la case prison.

 

Les marcheurs vaquent à leurs occupations dans le gymnase. Après une bonne douche, je retrouve un groupe de français et me pose avec eux. De l'herbe tourne, me donnant une sensation très agréable. Mais à grand renfort de cris, une assemblée est convoquée. Le temps de rassembler tout le monde dans le gymnase, on perd un bon quart d'heure. On commence l'assemblée par souhaiter un bon anniversaire à l'un des marcheurs. Debout, l'air assez impatient, l'espagnol ayant convoqué tout le monde attend de pouvoir s'expliquer. Deux autres annonces sont faites, certains y répondent, et le marcheur debout ronge son frein en attendant que l'on puisse passer à son sujet. Si je comprend bien, il vient d'arriver de Bruxelles ou d'avoir des infos de l'équipe sur place qui attendent des consensus entre les deux marches afin de ne pas prendre de décisions sans leurs accords. Je me concentre afin de suivre le débat en espagnol, et 309511_144149032348911_1452423347_n.jpgcorriger mes tentatives grâce à la traduction. Depuis le primaire, j'ai subi je ne sais combien de centaines d'heures de cours pour me retrouver là sans comprendre. Il faut dire que je n'étais jamais le plus attentif. Heureusement, mes quelques bases m'aident à saisir quelques mots, et l'instant de fumette juste avant l'assemblée me fait être complètement absorbé par le débat. Je ne comprends pas bien l'argumentaire, mais avec les intonations et les quelques mots saisis, je suis content de voir que j'arrive à suivre. Le marcheur debout continue ses explications, et place un peu d'humour dans une phrase. Tout le monde rit à la plaisanterie, et je m'étonne moi même, car je ris moi aussi ! Je ne me souviens pas exactement de la phrase, mais sur le moment je l'ai comprise!

 

Le gros des explications passées, l'assemblée se perd dans les détails. La plus part des français ont quittés la salle, et même la traduction dans notre langue a été abandonnée. Je ressors donc, et rejoins les basques de Bayonne, et d'autres français. Avant d'aller dormir, un marcheur me dépanne une tête d'herbe, que je me fume pépère en matant les étoiles. Je rejoins ensuite ma couche. Le gymnase est dans le noir, beaucoup dorment. Mais moi, j'ai les yeux grands ouvert. Les idées vont et viennent dans ma tête, allant et venant sous les effets du THC, jusqu'à ce qu'un refrain vienne me trôter dans la tête. « Savez-vous donc mes chers amis, qu'une acampada s'est montée, nomada elle s'est définie, et surtout elle se crie indignée ! » J'allume ma lampe de poche, sors de quoi écrire, et j'écris les paroles de « Bicindignado ». Quelques corrections, je la recopie, et me voilà tout fier d'une nouvelle chanson ! Je sors ensuite me fumer une clope avec quelques espagnols toujours, en train de bavarder sur les marches du gymnase. Je repars me coucher après cela et trouve facilement le sommeil.

 

 

Lundi 19 septembre 2012, Paris ( et environs)

 

Le gymnase accueillant des élèves du collège à côté tôt le matin, le réveil se fait de bonne heure, petit déjeuner, rangement et nettoyage et à huit heure, tout le monde est dehors. Je n'ai dormi que quatre heures, qu'importe, je suis plein de motivation pour cette dernière journée avec les Marches. Je dis à plus tard à tout le monde, et repars sur mon vélo jusqu'à Paris. J'emprunte donc les bords de la Marne. Le vide grenier a été remballé, ce qui m'évite tout le temps perdu d'hier, et je ne pars pas dans la mauvaise direction. Bois, Château et Porte de Vincennes, Nations et enfin Bastille. Il n'y a pas l'ombre d'un marcheur devant l'Opéra, mais deux CRS sont en faction pour garder les marches. D'ailleurs, ils me repèrent et me demandent d'approcher. Ils sont impressionnés par le chargement de mon vélo, et je commence à discuter avec eux de mon voyage. Au passage, je leur demande si ils savent où sont les « indignés ». Apparemment non. Je continue à parler au moins une bonne heure avec l'un des deux agents, l'autre se contentant d'écouter et de sourire de temps à autres. Nous causons du système, de sa vision par rapport à son travail, de la situation en France, dans d'autres pays et dans le Monde, et tout un tas d'autres sujets.

 

Fran passe avec son chien vers onze heure. Je suis ravi de le retrouver. Je quitte les deux CRS et pars avec lui. Il ne sais pas non plus où sont Marches, mais à ce que je comprends, il me propose d'aller boire un café. Il me conduit donc dans un boulevard adjacent à la place de la Bastille, où il connaît la patronne d'un café, je ne sais comment. Nous nous installons donc au bar et Fran tente de parler à la patronne. Elle ne le comprend pas, et j’essaie de lui traduire... mais je ne le comprends pas non plus. Il faut dire que je suis tombé sur un des espagnols qui, de tout les marcheurs, parle le plus, très vite, et avec un accent de je ne sais où. Bref, nous prenons deux cafés à la patronne : moi un allongé, et Fran à la mode espagnole, « con ielos » , c'est à dire avec un verre plein de glaçons. Nous les payons au comptoir, au prix comptoir, et partons nous installer dehors en terrasse, où c'est normalement plus du double. La patronne plutôt que de nous engueuler vient discuter avec nous, interpellée par mon vélo. Elle reste à parler pas mal de temps, puis repars s'occuper de son bar. Fran sors son ordi et me montre des vidéos qu'il a pris hier aprèm, m'apprenant une action dont je n'étais pas au courant. Alors que j'étais perdu le long de la Marne avec la cycliste espagnole, la Marcha Meseta revenait à Paris par le TER. Mais arrivée gare de Lyon, elle fut accueillie par la police ferroviaire, une vingtaine d'agents qui les coincèrent contre un mur de la gare. Mais la Marcha Mediterrannea et les indignés Parisiens qui étaient déjà rassemblés place de la Bastille se ruèrent à la gare dès que la nouvelle leur arriva. Ainsi, sur la vidéo qu'il me montra, on y voit la Garde de Lyon prise d'assaut par plus d'une centaine de manifestants criant tout un tas de slogans, qui se déversent ensuite dans les souterrains. « Liberta » résonne dans les galeries, et le flot escalade les barrières, se fichant bien des gardes leur signalant que c'est interdit, et viennent briser la barrière de flics, libérant ainsi les marcheurs de la Meseta. Alors tout le monde crie, applaudit et entonne « El Pueblo, unido, jamas sera vincido ». Au milieu du groupe, la police ferroviaire est complètement perdue, certains paraissent même tétatinisés. Puis, tout la vague ressort de la gare toute joyeuse et repart vers la Bastille. Fran et moi sommes morts de rire devant ces images ! Au passage, on se fume un peu de « Maria » en plein boulevard parisien. Pas de soucis ! La patronne repasse et viens s'intéresser à la vidéo que Fran passe en boucle, nous commentant dix fois chaque détail, dans son espagnol inaudible. Il tente de se servir de moi comme interprète mais je ne comprends pas grand chose à ce qu'il me raconte, malgré mes efforts. Au moins, c'est de l'apprentissage intensif ! La patronne s'intéresse ensuite au chien de mon ami marcheur, et nous demande si il a mangé. Fran répond oui, un peu. Dix minutes après, elle nous apporte des couverts, du pain, etc, et deux belles assiettes de confit de canard accompagnées de frites. Quel bonheur !!! Nous remercions mille fois la patronne, et dévorons ce plat qui nous tombe du ciel ! Le chien se termine les confits, et nous voilà tout trois bien rassasiés ! Pour remercier la patronne, je joue de l'accordéon à son mari et elle, et les voilà tout ravis ! « Un otro poro de maria », accompagné d'un autre café et nous restons à nouveau un bon moment à squatter la terrasse.

 

319685_144183542345460_615046712_n.jpgVers quinze heure, nous revoilà devant la Bastille. Nous avons appris que les marches se sont rassemblées sur les marches de Bercy. Nous retrouvons quelques marcheurs au passage, et suivons les flèches, tracées sur le trottoir à la craie, jusqu'au rendez-vous. Nous passons devant la Gare de Lyon, puis nous dépassons une dizaine de fourgons de CRS. Les copains doivent être dans le coin. Quelques mètres plus loin, nous retrouvons les Marches sur les marches, se maquillant, faisant des panneaux, préparant une action en assemblée. Le projet est d'arrêter de dormir dans des endroits reculés, surtout vu que la Marcha Meseta n'a plus accès au gymnase, et d'aller prendre une place. Je papote un moment avec quelques français, pour m'informer de l'action, de ce qu'ils ont fait depuis le gymnase, puis rejoins ma cousine avec qui j'avais rendez-vous. Petit café par là et je rejoins à nouveau le groupe, en assemblée informative. Tout le monde est assis sur les marches, un peu comme une tribune, et à leur pieds, un petit groupe leur explique ce qui a été préparé. Des éclaireurs sont partis repérer des parcs où nous allons tenter de poser l'acampada. L'idée est de faire un groupe en manifestation sauvage, déambulant dans Paris afin de rejoindre les potentiels campements. Une fois sur place, nous devons tenter de poser les tentes avant l'arrivée des armures, et ensuite de les défendre pacifiquement en faisant un cordon autour d'elles. Il est donc expliqué, avec démonstration, comment faire de la résistance passive, en restant accroché entre nous afin de ne pas nous faire déloger. On nous conseil pour la façon d'être habillé, dans la façon de s'attacher les cheveux, dans la manière d'être. Des explications sont aussi faite sur la réaction que nous devons avoir en cas de gaz lacrymogène, ainsi que sur comment remédier à leurs effets. Toute une conférence. Enfin, un numéro de téléphone d'avocat est donné en cas d'arrestation, et d'autres détails.

 

Nous partons des marches de Bercy vers 17 heures. Nous formons une longue file de manifestants, avec plein de peintures de guerre sur le visage, des cœurs, des slogans sur des cartons, des banderoles déployées. Le groupe passe en criant tout un tas de phrases, en français ou en espagnol. Il y a au moins cent cinquante personnes dans le cortège. Frank et le guitariste andalou grattent leur instrument en marchant, alors que d'autre tapent sur ce qu'ils ont pu trouver. Nous passons sur les trottoirs, nous respectons les feux et les passages piétons, de gentils et joyeux manifestants, illégaux malgré cela. D'ailleurs, les fourgons de CRS nous suivent de prêt, roulant au pas à la fin de notre file. Nous longeons donc les quais de la seine, puis passons par une rue piétonne, en diagonale sur notre droite. Les fourgons de CRS se doivent donc d'aller tourner à la prochaine à droite pour nous rattraper, mais quel n'est pas leur rage lorsqu'ils nous croisent repartant dans l'autre sens, car nous avions pris à gauche à la fin de la rue. Nous passons donc devant eux avec des grands sourires, leur faisant des coucou et en leur montrant nos cœurs. Nous traversons ensuite la Seine, et nous engageons dans une petite ruelle commerçante. Une marcheuse espagnole me fait remarquer que je ne vais pas tarder à ressembler à un train. Je me retourne et voit qu'une valise a été accrochée à l'arrière de mon vélo, à la façon d'une remorque. Ce sont ses affaires. « No te molesta ? » me demande-t-elle. Je répond que non, et que je ne l'avais même pas senti. D'ailleurs, je lui montre comme il est très facile de manier mon vélo, malgré son poids. « Ah si ! Va sola ! » me dit-elle lorsque que je lui fait essayer. Nous continuons donc de discuter un moment. Nous retraversons la Seine au niveau de Notre Dame, où un dispositif policier nous bloque l'accès au quai et aux griles de la cathédrale. Nous passons devant en chantant nos slogans. « Del norte al sur, del este al oeste, la lucha sigue, CUESTE LO QUE CUESTE ! ». Alors que nous marchons en direction de la rive nord, des fourgonnettes de CRS pilent devant l'entrée du pont . Immédiatement, les flics nous chargent et distribuent des coups de matraque à ceux marchant à l'avant. L'un d'eux saisis le joueur de flûte irlandaise, l'empoignant par la manche. Tout le cortège somme les flics de lâcher notre compagnon, marchant vers eux, ce qu'ils font, mais foncent immédiatement dans notre direction, matraque à la main. Nous partons donc en courant à travers un espèce de marché, et arrivons devant la préfecture (il me semble). Les grilles nous sont fermées, avec de nombreux policiers dans la cour. Le groupe repart donc en marche rapide, ensemble, vers la rive sud de la Seine. Cette fois, il n'y a plus de feux piétons respctable. Nous arrêtons les voitures pour traverser, et le groupe quitte les quais de Seine. Nous passons donc sur la place St Michel, et remontons une rue pleine de restaurants, jusqu'à atteindre le Boulevard St Germain. Nous traversons la chaussée et marchons vers la Place du même nom, en groupe, en criant notre révolte haut et fort.

 

Les fourgons de CRS pilent une fois de plus devant notre groupe, sortant de je ne sais où. Les bleus quittent immédiatement les véhiculent et se ruent une fois de plus sur nous. Ils tentent de nous stopper en nous barrant le trottoir à quelques uns. Les choses se passent très vite, et c'est à peine si j'ai le temps de comprendre ce qu'il nous arrive. Il est tout à fait possible que ma version diffère beaucoup de celle d'autres marcheurs. Les coups de matraque pleuvent. Le guitariste andalou, qui grattait son instrument en signe de défi aux flics est saisi au coup par l'un d'eux. Il l'étrangle est le traîne hors de notre groupe alors plutôt dispersé. Voyant cela, beaucoup des nôtres marchent vers le flic, levant les mains au ciel en criant « no violencia ». Mais le CRS sort sa bombe lacrymogène et nous menace. Nous sommes alors en tenue capuche/foulard pour la plus part, prêts à recevoir la lacrymo. Ce qui ne tarde pas. Je ne saurais dire exactement ce qu'il se passe, tellement la confusion est grande à ce moment là au Boulevard St Germain. Le gaz part en tout sens. 302139_142650955832052_76126934_n.jpgL'air est d'un coup irrespirable. Mais nous ne sommes pas les seuls à nous prendre le gaz, car un des marcheurs tape dans la bouteille de lacrymo qu'un des bleus tenait. La bombe lui saute au visage et pars rebondir sur son collègue tout proche, aspergeant les deux flics comme il faut. Voir l'arroseur arrosé, ça fait toujours plaisir, surtout quand il s'agit de condés et d'une lacrymo ! Voyant la situation se dégrader, notre groupe part donc dans l'autre sens, mais nous n'avons pas le temps de nous retourner que nous sommes encerclés et parqués. D'autres fourgons arrivés durant la confrontation ont laissés échapper leurs meutes qui se ruent sur nous, et nous repoussent contre un mur. Nous voilà donc entourés d'une horde de flics sur les nerfs, après avoir été menés par le bout du nez à travers Paris, que nous les ayons grugés plusieurs fois, le tout avec beaucoup de rires. Cette fois, plus personne ne rie. Le face à face à lieu, entre notre groupe et le leur, avec beaucoup de pression. La violence dont ils ont fait preuve, plus le gaz lacrymogène nous a clairement échauffé. L'entre aide s'organise. On distribue des gouttes pour les yeux, de l'eau, et du lait. Il est vrai que les effets du gaz sont vraiment irritants. J'ai la bouche sèche et en feu, les yeux qui me brûlent atrocement, sans parler de la peau. J'ai eu le réflexe de me couvrir lorsque j'ai vu la situation ma tourner, mais le gaz parvient tout de même à passer et m'irriter. Mais dans nos rangs, d'autres sont bien plus mal. L'espagnole avec laquelle je discutais auparavant s'est reçue un spray de gaz en pleine face, et s'est écroulée à terre. Des compagnons s'occupent d'elle, toute rouge, gémissante. De nombreux marcheurs ont la figure rouge, les yeux en pleurs, mais faisant face pour autant au cordon policier. D'ailleurs, les flics, sans leurs casques, leurs masques à gaz ou leurs cagoules subissent autant que nous les effets de leur gaz, ce qui fait plutôt plaisir à voir. Les deux CRS s'étant reçus la bombe lacrymogène sont derrière les camions, les yeux fous, la bouche ouverte et haletante, et se vident bouteilles d'eau sur bouteilles d'eau afin de tenter de s'enlever le produit. D'autres se frottent les yeux, le truc absolument déconseillé !

 

300374 141271612636653 2049978042 n            Nous sommes au Boulevard Saint Germain, devant les portes du 139 plus exactement, une boutique Aigle. Il est environ huit heure du soir, et la nuit commence à tomber. Cernés par les CRS, nous avons été tous parqués dans le cordon. Certains sont assis par terre, en position de résistance pacifique, d'autres, comme moi, sont encore debout criant leur indignation aux flics. Notre groupe sait se faire entendre, malgré la répression, et nous chantons tous en cœur tout un tas de slogans. « Le llaman democratia y no lo es, es una dictatura y lo sabes ! » Je pose mon vélo contre une barrière et me tient debout dessus afin de mieux voir ce qu'il se passe. Notre groupe s'est mis en demi cercle devant les portes du magasin. Sur le flanc gauche (quand on est dos au mur), Frank et le guitariste andalou ne lachent pas leur instrument et continuent de jouer. D'ailleurs, le joueur de flûte irlandaise s'est joint à eux et un joli trio musical se forme. A côté d'eux, contre le mur, quelque uns s'occupent de l'espagnole s'étant pris le gaz lacrymogène. Au milieu de l'arc de cercle, la marcheuse de Barcelone parlant français s'est munie d'un microphone et scande sa révolte. Nous crions encore, nous gueulons toujours. Les passants sont déroutés par la police sur le trottoir d'en face, mais malgré les fourgons venus se garer le long de notre trottoir, la police n'arrive pas à cacher au peuple la répression qu'elle commet en son nom. « Paris, Paris, Soulève toi ! Paris ! Paris ! Soulève toi !!! ». Les flics ne tardent pas à virer tout les photographes et caméramans présents autour d'eux, de manièrer très agressive. Des CRS arrivent encore et toujours, en fourgons, ainsi qu'un grand bus/panier à salade. Quelques escouades de robots en armure viennent remplacer le cordon non équipé, et un commissaire vient nous porter la belle parole de la police française. Nous sommes considérés par leur administration comme une manifestation illégale, et de ce fait, ils nous proposent de les accompagner gentiment au commissariat afin de relever nos identités. La marcheuse avec le mégaphone traduit aux espagnols. Bien évidement, notre groupe refuse en rigolant. Nous acceptons de faire le contrôle d'identité sur place, sinon rien. Très bien, la République Française et ses sbires useront de la force, pour changer. Position défensive, tenue de combat, esprit rebelle ! Les Marches s'organisent pour résister tel que nous avions répété l'après midi même. Gêné par mon vélo, je parviens tout de même à me glisser contre le mur, sur le flanc droit. Je me retrouve donc à l'entrée du magasin, debout, tenant mon vélo contre moi (et ne voulant le lâcher pour rien au monde). Tout les marcheurs se sont assis et se tiennent à présent en position de résistance passive. Les robots en armure se tiennent tout autour de nous. De l'autre côté de la chaussée, de nombreux parisiens, badauds ou indignés se groupent sur le trottoir et assistent impuissants à notre arrestation. Une ligne de flics leur barre le passage. Ils nous soutiennent par les cris et surtout par leur présence.

 

298938_277368255607346_1103350362_n.jpgL'assaut commence. Les flics se jettent sur les premières lignes, tirant sur les camarades afin de leur faire lâcher prise. Mais chacun des nôtres et tenu par tout ceux qui lui sont proches, et sortir un manifestant et chaque fois un défi pour les flics. Ne pouvant nous sortir ainsi, ils n'hésitent donc pas à tordre des membres, frapper les gens, donner des coups de genoux ou taper à grand coups de bottes. La violence déployée est hallucinante. Les larmes m'arrivent vite aux yeux alors que je vois ce spectacle cruel, coincé derrière mon vélo. La marcheuse avec le mégaphone dénonce les coups des flics, alors que nos compagnons sont tirés les uns après les autres par une dizaine de gorilles. Les CRS nous frappent, les CRS nous tirent, les CRS nous tordent, les CRS sont en impunités, les CRS ont tout les droits. La vision est hallucinante. Un jeune lieutenant n'hésite pas à faire goutter son point ganté à quiconque s'aventure à retenir son compagnon, ou a entrer dans le tas de chair humaine à grands coups de genoux pour faire lâcher prise. Mais une attitude odieuse n'est jamais séparée de paroles hypocrites, et alors que les condés brutalisent un manifestant, ils conseillent à ses voisins de le lâcher, sous prétexte qu'ils lui font mal en le tenant de la sorte... Les CRS choisisent avec soins leurs victimes, et tour à tour, vont chercher les plus vieux, les femmes, les plus frêles. Lorsqu'ils parviennent enfin à sortir un des nôtres, ils le trainent sur quelques mètres et l'immobilisent, le tenant à trois ou quatre. Certains réagissent en se débattant, et les flics ne se gênent pas pour le calmer de la manière la plus violente qui soit. Quelqu'uns se laissent prendre et suivent docilement, complètement épuisés par la lutte pacifique qui vient de s'achever pour eux. D'autres enfin adoptent une position de poids mord, laissant tout leur corps inerte, et les CRS doivent se mettre à quatre pour réussir à porter le compagnon. Ceux attrapés sont ensuite conduits devant le grand bus servant de panier à salade, fouillés et jetés dans le car.

 

Deux robots viennent m'ordonner de les laisser retirer le vélo. Je me marre ! Ils se mettent donc tout d'abord à deux à tirer dessus. Le vélo recule un peu, mais je tire de mon côté et le remet en place. L'arrière du vélo est du côté des flics, mais le guidon est du mien, ce qui me donne un certain avantage. Ils continuent de toute leur force, mais je résiste. Je sers mes freins à disques à fond, place mon pied contre une pédale et l'empêche ainsi de bouger. De plus, le coin de mur où je me suis glissé me permet d'être presque hors de porté des gros bras des CRS. Un d'eux me jure d'un visage plein de haine qu'il va venir me choper et que ça va être ma fête ! De mon air de petit con que je maîtrise à merveille, je lui souris gracieusement et lui répond qu'il va falloir qu'il apprenne à faire du vélo avant ça! Le condé fulmine ! Parfait ! Il appelle du renfort et voilà trois autres gorilles en train de tirer sur mon vélo de toute leur force. Je suis complètement crispé sur les frein, tout en esquivant les grandes claques que m'envoie mon ami en armure. Il est complètement penché au dessus du vélo, tentant de m'attraper. Un de mes camarades lui envoi des coups de cœur en carton dans le visage, alors que tout les autres m'aident à retenir mon vélo. Celui-ci est secoué en tout sens, mais ne bouge pas d'un pouce. Un des CRS va même jusqu'à marcher sur le compagnon juste à côté pour saisir ma bicyclette, mais son action ne sers pas à grand chose. Ils tentent donc de sortir ce marcheur, qui du coup se retient au vélo et à ses voisins. Lui non plus n'ira pas faire la fête avec la police pour le moment. Mon vélo, lui, restera avec moi, ancrant ainsi le flanc droit de notre arc de cercle défensif. De l'autre côté de la chaussé, la foule scande « libérez nos camarades ».

 

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Au bout d'une bonne heure d'assaut, les CRS ont enfin remplis leur grand bus d'environ quatre-vingts marcheurs. Au moins la moitié de notre groupe est ainsi parquée dans leur panier à salade. Tout ce monde tape contre les carreaux, cris « Libertad », saute en tout sens, faisant pencher le bus d'un côté à l'autre. Ils dessinent des cœurs et écrivent des slogans sur les vitres pleine296976_142650269165454_1612849391_n.jpgs de buées. Les flics nous laissent donc un peu de répit. Encadré de motards, le bus part pour le commissariat, mais ne va pas très loin. Quelqu’uns de nos compagnons du trottoir en face se sont en effet précipités sur la chaussée à quelques mètres de là, et arrêtent le grand bus. Immédiatement, tout un tas de CRS se jettent sur eux et à grands coups de matraque, libèrent la chaussée. Nos amis sont quand à eux attrapés et jetés dans note groupe. Le bus quand à lui reprend sa route. De l'autre côté de la route, le soutient parisien est de plus en plus important, et cela fait chaud au cœur de voir leur trottoir bondé, ordonnant aux flics de nous libérer. De concert, nous crions nos slogans, et les deux trottoirs, séparés par deux cents condés ont le mérite d'être unis malgré tout. Mais voilà que deux fourgons viennent se garer à la place du bus, et la violence reprend. Inutile ici de raconter à nouveau les coups policiers, ce ne serait que répétition. Après avoir tant vu auparavant, mes sentiments étaient passés des pleurs à une envie de vengeance sanglante. A présent, je n'avais plus qu'une impression d'impuissance devant tant de barbarie, faites par des hommes sans une once d'humanité, ou l'ayant oubliée pour un salaire, et aux couleurs d'une nation qui se dit civilisée. Triste spectacle. Et moi, toujours debout, coincé derrière mon vélo. Je ne peux même pas aider mes compagnons qui s'en prennent plein la gueule. Juste pleurer sur leur sort, et attendre que mon tour arrive. Une vingtaine de compagnons sont sortis à coups de poings et de bras tordus de notre groupe, et jetés dans les fourgonnettes. D'ailleurs, j'appris par la suite que dans l'une des fourgonnettes, se passa quelque chose d'étrange. Alors que le gaz lacrymogène s'était dissipé depuis longtemps déjà, et que nous ne souffrions plus de ces effets, certains marcheurs, en entrant dans un des véhicules de police complètement clos, eurent les yeux, la peau et la bouche qui leur brûlait à nouveau, durant tout le trajet jusqu'au commissariat. Comme si, avant de les y faire entrer, la police avait envoyé de la lacymo dans la fourgonnette... Mais ce n'est qu'une rumeur, bien entendu ! Une telle bassesse ne serait pas digne des CRS français !

 

Les deux fourgonnettes partent livrer leur bétail humain, et reviennent peu après. Chaque fois que nous les voyons revenir, le groupe s'écrie « Taxi ! Taxi » en agitant les mains à leur intention. Bien entendu, nous sommes un peu plus réticents à ensuite nous y laisser amener, et la violence policière se poursuit. La marcheuse espagnole qui maintenait l'ambiance grâce à son mégaphone est attrapée, et notre groupe poursuit en silence sa résistance pacifique. Il est environ vingt deux heures, et nous ne sommes plus qu'un dernier carré, d'une cinquantaine de personnes. Mis à part les cris lorsque les flics tapent, et la dénonciation de la violence, nous sommes plus ou moins silencieux, épuisés, mais déterminés à tenir jusqu'au dernier. Je dois avouer cependant que notre moral est au plus bas. C'est alors que je demande au compagnon de l'autre côté du vélo de m'aider à sortir le truc rouge accroché sur le porte bagage arrière. Ainsi, nous galérons deux minutes à sortir Karl de ses sangles. Une fois mon ami de bois et de métal libre, je me passe les deux brettelles, défaits les boutons à pressions retenant le soufflet, et souffle un coup. Sol, do, ré, mib, do. Les premières notes de Bella Ciao résonnent au 139 Boulevard Saint Germain, et le groupe de résistants pacifiques assis devant moi se retournent, les yeux grands ouverts, souriants devant cet accordéon sortis de nul part. C'est ainsi que j'entonne le chant partisan Italien, de toute la force de mes trois poumons (dont un soufflet), et notre bande d'indignés reprend en cœur. Le moral remonte en flèche, les « Ô Bella Ciao » sont criés de tout notre énergie ! Ce fut la première fois que je jouais de l'accordéon en sachant vraiment pourquoi, partageant avec mes auditeurs la force de la musique dans un moment où on en avait vraiment besoin ! Je chante ensuite « Rue de Panam », des Ogres de Barback, criant ma révolte au nez CRS. « Mais croyez moi bientôt, les flics auront du boulot, car tout les vagabonds parlent de Révolution ! Un jour toutes nos chansons, elles vous désarmeront, il n'y aura plus que la folie, la joie et l'anarchie, la joie et l'anarchie, la joie dans Paris ! » Les français restants chantent avec moi, les espagnols tapent dans les mains, et les flics ne peuvent que constater que notre moral résiste toujours! Alors que les CRS relancent l'assaut de plus belle, voulant regarnir leurs fourgons, je continue de jouer, de chanter, coincé derrière mon vélo, et la résistance se fait sur des air d'accordéon révolutionnaire.

 

Deux paniers à salade sont à nouveau remplis, ou presque. Il reste une place à garnir avant de faire partir les véhicules. J'ai lâché un peu mes deux claviers et m'accorde une pause le temps d'une clope. Je remarque que les flics peuvent venir me chercher sans aucun problème, car le flanc gauche a été vidé, et je n'ai donc plus personne à côté de moi. Devant moi sont encore mes compagnons mais le vélo les empêcherait de me retenir. D'ailleurs, un des sergents fait remarquer au jeune lieutenant super-violent, cherchant qui prendre, que je suis une proie facile, et ajoute « c'est un leader, c'est lui qui maintient le moral, prenons-le et le reste suivra sans batailler. » L'esprit des flics de toujours chercher un chef me fait bien rire, mais pas la menace. Cependant, je ne sais pourquoi, le lieutenant réponds que justement non, ils me prendront en dernier. J'hallucine complètement, mais au moins me voilà protégé par le plus barbare des officiers CRS. Va comprendre !!!

 

Nous ne sommes plus qu'une vingtaine, ou un peu plus. La fin est proche, mais mes compagnons ne baissent pas les bras, et résistent plus que jamais. La violence policière redouble. Un des CRS qui s'occupe de sortir les manifestants a sa tenue toute blanche, pleine de lacrymo. L'idée la plus sadique que j'ai connu lui passe alors par la tête. Il frotte ses gants contre son gilet, récupérant ainsi le produit, et s'applique à caresser le visages, le cou et à frotter les yeux des marcheurs entrelacés. L'acte me choque carrément, et je m'effondre en larmes devant cette cruauté ! Un vingtaine d'entre nous sont traînés jusqu'aux fourgons, et nous ne sommes plus que quatre à attendre le prochain. Je passe mon accordéon sur le dos et rejoins mes camarades. Ils sont à terre, épuisés, le visage rouge, souffrant du gaz. Accompagné d'un flic, je pars chercher à mon vélo ma trousse de secours et récupère des lingettes contre les brûlures. Je leur amène et la pose sur le visage d'une petite espagnole, la figure rouge sang, souffrant au diable. Apparemment, cela la soulage beaucoup. Les trois derniers résistants pacifiques se font passer les lingettes et se pansent le visage en attendant le dernier « taxi ». Mais à notre grande surprise, ce n'est pas une fourgon de 10 places qui vient nous chercher, mais le grand bus du début. J'applaudis la super organisation des flics ! Un officier vient nous proposer de les suivre au bus sans opposer de résistance, même pacifique. Nous sommes à bout, les quatre survivants sur près de deux cents, et trois heures de lutte non violente... Nous nous levons, encadrés par les flics, et fouillés à l'entrée du bus. Le CRS s'occupant de moi me demande si je désire emmener mon accordéon. Très surpris, j'accepte volontiers. Il m'accompagne le chercher, puis je monte dans le bus, quittant en dernier le 139 du Boulevard Saint-Germain, le soir du 19 septembre 2011.

 

 

Vidéo de cette soirée là: (il manque la fin, car tous les photographes et caméramans de notre groupe ont été embarqués avant que nous soyons tous pris)

 

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Après un tour en bus dans Paris, puis deux heures dans le commissariat où nous mettons un vrai boxon, nous sommes libérés. Nous loupons le dernier métro et traversons Paris à pied jusqu'à la Bastille. Là, nous retrouvons tout les copains qui ont été libérés. Les affaires abandonnées avaient été récupérées par les amis du trottoir d'en face après notre départ. Je suis donc tout heureux de retrouver mon vélo, pour lequel je stressais tant. Je traine ensuite seul dans Paris toute la nuit, puis monte dans le train gare Montparnasse le lendemain matin, direction Toulouse.

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