#15O à Bruxelles

Publié le par Peleran

 

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Bruxelles, 15 octobre 2011 :

 

Aujourd'hui, pas de longue grasse mat ! A 10 heures du matin, tout l'HUB est sur pied. Le temps est superbe, le ciel est encore une fois tout bleu. Une pure journée s'annonce ! Après le café du réveil, nous nous motivons à ranger nos sacs. Les premières interrogations de la journée portent sur nos affaires : qu'en faire! Il est vrai que malgré tout ce qu'il s'est dit (et surtout crié) hier soir lors de l'assemblée, rien n'est concret. Vas-t-on camper ? Reviendra-t-on à l'université ? Où iront nous ? Comment rapatrier les affaires ? En demandant à mon entourage, de la pièce ou des couloirs, je vois bien que personne ne sait vraiment. Il parait que l'on reviendra, une commission logistique à sûrement été crée, des gens on dit que les affaires devaient être entassées dans un endroit gardé, les locaux seront peut-être surveillés par des volontaires annulant généreusement d'aller à la manif pour surveiller les biens... Ouai, ouai ! Préférant opter pour la logique du pire, je sors tous mes sacs, remonte mon vélo, plie la tente et charge le tout comme j'en ai l'habitude. Quitte à ne pas jouer d'accordéon durant la manif, je préfère encore avoir tout mon paquetage sur les roues et me le coltiner durant toute la journée, mais au moins être confiant. Kevin sangle lui aussi son énorme sac à dos type militaire, et nous quittons la salle.

 

302265_2556798965683_1425242820_32950387_1983723544_n.jpgDescendre un escalier avec un vélo surchargé n'est pas si difficile. Il suffit de se tenir sur un côté, serrer les freins, bien contrôler l'avant du vélo en tenant fermement le guidon, et tenir l'arrière contre son corps afin qu'il ne chavire pas. Le vélo, emporté par son poids descends lui même les escaliers, rebondissant de marche en marche. Il faut donc surtout le retenir. Mais adapter cela à une cage d'escalier bondée de gens montant et descendant, avec des sacs, des banderoles, des cartons, et tout un tas de bricoles dans les bras est un délire à vivre ! Trois étages à gueuler « attention, beware, cuidado », freiner sec pour éviter untel, retenir le barda car l'autre manque de le faire basculer. Bref, je suis bien content lorsque nous arrivons enfin dans le hall. Ici, tout le monde court dans tout les sens. Certains finissent de se maquiller ou attendent de l'être, d'autres distribuent des panneaux avec des slogans, des logos, des caricatures. Deux espagnols, perchés sur des chaises décrochent une bannière, pendant que le point info est en train d'être replié. On s'active en tout sens, on porte des affaires dehors, ou ailleurs. Beaucoup se tiennent debout et discutent entre eux, dans tout un concert de langues. Tout un va et vient se fait en tout sens. C'est un vrai bonheur de voir tout ce monde s'activer de manière si énergique à lever le camp pour une manif dont on ne connais pas l'issue. Il y a en chacun une énergie profonde, une volonté de vivre une journée de folie collective qui restera gravée dans nos mémoires. Certains étaient venus de Madrid ou de Barcelone, à pied, pour être ici aujourd'hui et faire résonner leur voix de simple fourmis dans cette capitale européenne. D'autres les avaient rejoints en cours de route, les avaient attendus dans différentes villes, ou ici, les avaient rencontrés durant leur voyage et venaient à présent pour marcher avec eux, ou même avaient juste entendu parler de la Marcha Bruselas, et venaient à présent se joindre à leurs côtés. Tout le monde est là ! Et aujourd'hui, nous marchons dans Bruxelles !

 

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Le 15 Octobre 2011 restera sans doute une journée historique dans l'Histoire de la contestation globale moderne. Relevant l'appel de la marcha Bruselas qui se l'était donnée comme date pour sa manifestation, elle fut préparée est organisée à une échelle plus grande grâce aux réseaux sociaux. Le message était clair : faire rebondir l'énergie des marches à travers l'Europe et le Monde pour appeler au soulèvement. Une manifestation mondiale à travers toutes les villes du monde, en contestation du système capitaliste mondialisé, par une révolution mondialisée. D'ailleurs un des slogans les plus utilisés pour cela était clairement « United For Global Change ! » (Unité pour un changement mondial). La journée fut nommée #15O à travers le réseau internet, et tout autour de la planète, les cellules locales se coordonnèrent entre elles pour s'organiser elles aussi à leur niveau. C'est ainsi que dans une centaine de pays, et ainsi dans plus d'un milliers de villes dans le monde, les citoyens répondirent à l'appel à descendre dans les rues de nos métropoles pour crier notre révolte. Ce n'était pas la sous section régionale d'un quelconque syndicat qui préparait sa manifestation bien orchestrée, dans sa ville, c'étaient des gens simples et non affiliés qui, grâce aux nouveaux moyens de communications, ont pu contacter d'autres citoyens en ayant ras le bol afin de répercuter le message et s'organiser entre eux. Londres, Paris, Madrid, Barcelone, Rome, Berlin, Athènes, Lisbonne, Amsteram, New York, Wahsingtin D.C, Chicago, Los Angeles, Rio de Janiero, et mille vingt sept autres villes du globes se mobilisèrent ce jour là, de façon plus ou moins massive. Bien entendu, les grands médias traditionnels relayèrent l'info des confrontations très violentes de Rome, et parlèrent à peine des autres manifestations. Malgré cela, sauf pour l'Italie, la journée fut superbe dans les rues de la planète. Le 15 Octobre 2011, ce n'était pas juste les Marches à Bruxelles qui protestaient, c'étaient le Monde entier avec elles !

 

Après le hall, je passe une dernière fois les portes de l'H.U.B, me fraye un passage pour les escaliers et parviens enfin dans la rue. Le rendez-vous de la manif est à l'entrée du parc Elisabeth II, afin d'aller groupés rejoindre la gare de Bruxelles Nord. Nous attendons là une bonne heure, le temps que nous soyons tous prêts à partir. Petit à petit, je vois arriver des centaines de personnes aux allures très hétéroclites, venant se rassembler sur les pelouses. Des marcheurs mal habillés, des clowns, des jolies filles, des types normaux, de bons marginaux, des excentriques, des gens à l'allure très sérieuse... Au final arrive le cochon banquier sur le cadi et la fin des marcheurs avec tout un tas de banderoles, cartons peints, et panneaux à slogans. Une bonne partie d'entre eux sont maquillés styles peintures de guerre, comme à Paris le 17 septembre.

 

DSC01255.jpgLe départ est enfin donné. Nous sommes environ 500 personnes, tout l'HUB s'est vidé pour la manifestation. C'est la Brigade des clowns qui ouvre le bal, partant à la queue-leu-leu en dansant. Le gros du cortège suit, de manière complètement désordonnée. Nous remontons le grand boulevard, du parc jusqu'au centre de Bruxelles en grand bruit, le long du trottoir, encadrés par policiers à vélos. Nous obliquons ensuite sur notre gauche, pour arriver à la gare du Nord. Là, je crois rêver en voyant la foule ! Cent milles personnes au moins ont fait le déplacement et se pressent sur la grande place devant la station de train. L'endroit est complètement noir de monde. J'arrive à me frayer un chemin avec mon vélo sur ma gauche, et parvient à un trottoir plus élevé que le reste. Je prends alors le temps d'admirer le peuple Bruxellois. Des gens de tout âge, de tout style, de toute couleurs de peau, mélangés ici pour donner voix à l'indignation populaire dans une capitale européenne. C'est vraiment beau à voir ! Je pensais jusqu'alors que nous ne serions pas plus que ceux de l'HDSC01241.jpgUB à manifester, et je suis très heureux de m'être trompé. Les gens n'ont pas été avare sur les banderoles, ni dans l'imagination des slogans et des dessins. Je vois écrit tout un tas de des messages révolutionnaires en anglais, des appels à la révolte en espagnol, des cris de colère en français. Je suis pourtant déçu de ne rien voir en Flamand. De partout, les gens crient des refrains contestataires, repris autour d'eux, dans tout en brouhaha. Les occupants de l'HUB, principalement les marcheurs, font leur entrée groupés sur la place, suivant la banderole de la Marcha Bruselas. Le cochon banquier dans le cadi est en tête, avec plein de marcheurs, avec pas loin les brigade de clowns, et la batucada entourée d'un perpétuel essaim de danseurs. Le groupe traverse la foule plein d'énergie, faisant résonner la folie de leur aventure. environ 1500 kilomètres à pied, ça use ? Ça use ??? Non non ! Ça redouble la motivation !!!

 

Vers quinze heure, la manif part enfin. Rosa, la musicienne de Madrid me retrouve alors que je galère à faire descendre ma bécane par les escaliers à travers la cohue. Nous nous mettons en marche avec des amis de l'université que nous retrouvons. Alors que nous partons à peine de la place, des militants déploient des drapeaux et des bannières d'un parti politique de gauche Belge. Beaucoup de monde se groupe alors face à eux, criant « Que no nos représentan ! ». Dénoncés part tout le monde, les militants resteront en queue de tous. Le cortège reprend le boulevard et remonte en direction de la basilique de Koekelberg. Nous traversons un pont, puis prenons à gauche, longeant un canal décoré de petites éoliennes de couelurs. L'ambiance de la marche est plutôt calme, avec quelques slogans scandés de temps en temps, sans trop d'énergie . Rosa et moi tentons de lancer les refrains inventés la veille en commission, mais nous le faisons d'un voix quasiment timide, et personne ne chante avec nous. Kevin nous retrouve enfin, portant toujours son gros sac sur le dos. Le cochon banquier dépasse toutes les têtes, loin devant, alors que loin derrière nous, un flot continu DSC01274.jpgde manifestants continue de traverser le pont. Voulant trouver un endroit plus énergique, c'est à dire aller avec les marcheurs, nous tentons d'avancer pour aller plus en avant en nous frayant un passage. Vu le monde, c'est finalement impossible. La tête du cortège traverse à nouveau un pont, revenant sur l'autre rive, et nous nous retrouvons dans une grande rue de Bruxelles. Les hauts et vieux bâtiments serrés nous permettent alors de laisser éclater nos voix, et les murs de la ville font écho à nos slogans. En français et en espagnol, les refrains sont repris de part en part. Au fond de la grande rue, notre marche se retrouve devant la Bourse. Lorsque nous entrons sur la place, celle-ci est déjà complètement noire de monde, et les escaliers du bâtiment économique sont occupés par des centaines de personnes. Ne pouvant approcher de la Bourse je monte sur des toilettes publiques pour contempler le spectacle. La fièvre de révolte est à son comble, tout le monde crie, chante, applaudie, hurle agite son drapeau, danse, siffle, saute, le tout en même temps bien entendu ! Derrière nous, la grande rue est encore occupée par la grande queue de la manifestation, qui s'agite autant que nous à la vue du bâtiment. Sur les escaliers de la Bourse, c'est vraiment la folie ! Les grandes bannières ont été accrochées aux grilles, et une dizaine de personnes sont allés dompter les deux grands lions gardant de part et d'autres les marches du cœur du scandale. Ceux là agitent les bras, à califourchon sur les statues, et chantent avec les marcheurs sur les marches, et la foule de la place répond encore plus fort sa colère contre le casino économique.

 

Nous restons devant la Bourse une bonne demi-heure, puis redémarrons pars une grande avenue ensoleillée. Celle-ci est beaucoup plus large est il est plus aisé de s'y mouvoir. Montant sur deux poteaux d'un côté et de l'autre de la rue, deux grimpeur vont accrocher une grande banière « Nous sommes les 99 %, On ne payera pas leur dette », le tout écrit dans les trois langues. La montée de cette banderole se fait dans une grande clameur, et tout le cortège bondi de joie lorsque nous la voyons s'élever. Nous continuons ensuite jusqu'au boulevard, et revenons pas loin de la gare de départ. Là, nous faisons la scène habituelle du massacre, avec tout un groupe tombant à terre pendant quelques minutes. La manifestation prend ensuite sur la droite et nous montons une courte pente, arrivant devant une grande tour de Bankia. Cette Banque belge avait été sauvée peu de temps avant par son gouvernement, bien entendu grâce à des fonds DSC01294.jpgpublics, offerts gratuitement et sans rien attendre en échange. Des occupants de l'HUB étaient donc allé faire une petite visite sauvage, tout en restant calme et pacifiste, dans une de ses offices principales, ne faisant pas grande chose de plus que placarder des messages politiques contre les vitres, distribuer des tracts et détraquer pour quelques minutes le bon fonctionnement du bureau. La visite s'était soldée par un policier envoyant sa ranjo dans le visage d'une marcheuse grecque, alors qu'elle était assise à terre, menottée, mais osait encore se permettre de s'exprimer. Cette fois, nous sommes bien plus nombreux et pas une voiture de police ne nous attend sur le parvis de la tour. Nous submergeons le pied de l'édifice pour lui faire entendre notre colère. Pas mal de monde se masse autour des murs et met des autocollants, pose une phrase ou un dessin avec un bout de craie ou un feutre. Beaucoup d'agitation se fait, et il en est quelqu'uns pour aller taper à coups de pieds sur la porte. Comme si on avait voulu nous inciter au crime, la porte s'ouvre facilement, après à seulement quelques shoots ! Heureusement, de nombreux marcheurs, appuyés de la Brigade de Clowns forment une ribambelle autour de l'entrée pour repousser les pulsions de certains.

 

 

La manifestation continue sa route, prenant sur la droite après la tour. Je retrouve pas mal d'amis du campement de Bayonne, dont Mathieu, que je n'avais pas vu depuis. Nous marchons derrière un gros camion vert plein de bannières avec deux grosse enceinte à l'arrière projetant du son, des musiques très variés. C'est la fête à chaque musique qui passe, nous sommes tous à suivre les caissons, dansant et chantant comme des fous sur les rythmes révoltés. Mais le camion nous abandonne lorsque nous prenons sur la gauche, car il ne peut nous suivre. Nous sommes en effet déviés dans une petite rue remontant vers le quartier de politique européenne de la ville. Nous passons devant les enseignes de différentes commissions de je ne sais quoi. Une fois au bout, nous contournons les grandes tours par la droite, en faisant un grand tour autour d'elles. Là, la manifestation est très allongées, et nous pressons le pas pour rattraper l'avant. A un moment, nous nous regroupons sur une place, mais un gros mouvement de foule se fait en direction des tours alors que je n'ai même pas finis de rouler ma clope. Le temps de suivre, nous sommes bloqués au fond de l'attroupement qui s'est DSC01298.jpgà nouveaux arrêté. La marche est bloquée, et nous nous interrogeons sur ce qu'il se passe à l'avant. Rosa, Kevin et moi montons sur une murette, afin d'apercevoir mieux de qu'il se passe. Des policier en tenue antiémeute postés derrière des barbelés nous barent l'entrée du rond point. Je sors ma mini longue vue de sa chaussette et me rassure en voyant que tout à l'air calme devant et que les premiers rangs ont même fait une « sentada » devant la haie de fils de fer. Je la passe ensuite aux deux autres pour qu'ils observent eux aussi. Nous restons là un petit moment, puis l'arrière reprend la marche. Il est alors vingt heures et nous sommes tous crevés. Personne ne sait ce que nous allons faire ce soir, si nous allons camper, si la police nous laissera camper, et combien de personnes camperont. Nous nous partageons un paquet de gâteaux qui nous apporte un bien fou tout en continuant d'avancer. Le cortège passe par deux trois grandes rues, jusqu'à arriver devant la grille d'un grand parc.

 

 

312213 2556821366243 1425242820 32950437 1000287477 nNous passons le grand portail du « Parc du Cinquantenaire » sous un ciel rougeoyant. Le soleil se couche à peine, marquant la fin de cette longue journée de protestation. Nous marchons droit devant, suivant la foule, mais sans savoir où nous allons. Le parc est très beau, très grand. De grandes pelouses occupent le centre de celui-ci, traversées et longées par des allées en terre. Sur les flancs, à gauche et à droite, les arbres resserrés assombrissent le décor, mais devant nous, deux grands et beau bâtiments à colonnades apportent un fond magnifique, se rejoignant par des ailes elles aussi garnies de nombreuses colonnes, avec trois arches très hauts en leur milieu, surmontés d'un char tiré par quatre chevaux, à la manière d'un arc de triomphe. Nous avançons au milieu de la foule, prenant par la droite lorsque je ne sais qui à eu l'idée de faire surgir de terre un autoroute, en plein milieu du parc. Nous longeons la haie bordant celle-ci jusqu'à arriver en vue du gros camion vert qui a été orné d'une bâche blanche, avec les deux enceintes sur les côtés. Une table avec rétroprojecteur est installée juste devant. Maria part voir ce dont-il s'agit exactement alors que nous soufflons enfin d'être arrivé ! Des gens autours de nous sortent tout un tas de nourriture, et nous la partageons avec la notre. Notre ami madrilène revient manger avec nous, n'ayant pas vu grand chose d’intéressant là bas. Beaucoup de monde continue d'aller et venir, l'élan général continuant d'aller vers le camion. Ainsi une assemblée s'y forme, mais beaucoup, comme nous préfèrent rester un peu avant, en retrait. Tout un tas de petits cercles se forment dans le parc, les marcheurs, respirant enfin après plus de cinqs heures à marcher, chanter, danser et crier dans Bruxelles.

 

C'est vraiment le crépuscule lorsque l'assemblée est annoncée. Beaucoup de monde va renforcer le demi cercle autour du camion, mais d'autres, comme moi, préfèrent profiter des derniers instants de lumière pour monter leur tente. Ainsi, en une demi-heure, tout un village de toile surgit de la pelouse, se répartissant sur les trois dernières bandes d'herbes entre la haie et les arbres, un, peu en retrait du camion. Je repars ensuite écouter ce qu'il se dit. Personne ne cherche à consensuer quoi que ce soit, ce qui est agréable à savoir. La plus part des choses qui se disent sont en rapport avec la journée d'aujourd'hui, que ce soit à Bruxelles ou au niveau international. Des photos ou des vidéos des manifestations dans de nombreuses villes du globe dont montrées, ainsi que des émeutes à Rome ou des violences policière à Londres. Mais la manifestation s'était en général bien passées, comme ici. Tout un tas de tours de paroles sont pris, et il y a une vingtaine de personnes dans une file, attendant de passer au micro. L'assemblée ne me retient pas longtemps, et je repars ensuite faire un tour à travers les allées de cette nouvelle « Acampada Bruselas ». Le campement est vraiment bien établi ! Je craque complètement en en constatatant l'endroit où on nous a laissé nous installer, à deux pas du quartier européen, après tout le chichi du Parc Elisabeth II. Plus tard, un feu est allumé près de la haie, avec des palettes, et une équipe y installe la cuisine. Une heure plus tard, je ne suis vraiment pas fâché de me retrouver avec une bonne assiette sortie de je ne sais où, entre les mains. J'apprends durant le repas que l'assemblée organise le rapatriement des affaires laissées à l'H.U.B, mission plutôt tendue car la police a repris le contrôle du bâtiment.

 

Lorsque l'assemblée est levée, d'autres récupèrent les caissons pour passer du son contestataire. Le camion retrouve alors l'ambiance festive de la fin de la manif, et nous sommes plusieurs centaines à danser comme des sauvages. Plus tard, fatigué, je déambule dans le camp, marchant entre les tentes, lisant les slogans inscrit sur celle-ci ou sur les bannières et les panneaux posés à leurs pieds. J'apprends en discutant avec des amis rentrants de l’université que celle-ci est bondée de flics. Tout les alentours sont cernés, et il n'est possible d'y entrer que en allant batailler auprès d'eux en expliquant les affaires que l'on vient récupérer, et où elles sont. Dans le bâtiment, le saccage est complet. Apparemment, des portes ont été arrachées après notre départ, les murs encore plus souillés, etc... La police est très remontée, et a même tapé sur quelques personnes. Je suis vraiment heureux de m'être trimbalé ma bécane ! Je repars ensuite un peu au son, mais celui-ci tournant à la teuf, je ne tarde pas à rejoindre mon toit de tente.

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