Bonne journée monsieur le commissaire!

Publié le par Peleran

Jeudi 03 novembre 2011 :

 

            Monsieur le commissaire et son écuyer avancent d'un pas pressés à travers l'avenue de la République. La radio de la police vient de l'informer qu'un groupe important d'individus s'est échappé des abattoir et progresse vers l'Acropolis. Ils ont déjà dépassés les quelques fourgons postés aux abords de leur cour des miracles. C'est là une enfreinte grave aux lois d'oppression qui veulent que les manifestations soient déclarées et que leur trajet soit imposé négocié. C'est odieux malfrats sont sûrement des criminels récidivistes ! Brûleurs de poubelles et casseurs de vitrines en tout genre, voilà ce qui est sorti de la cage où ils étaient enfermés. Et ces racailles sont dans les rues de Nice, en liberté, menaçant gravement la sécurité publique. Il faut absolument les arrêter, coûte que coûte, avant qu'ils n'atteignent le centre-ville. Qui sait ce qu'il pourrait arriver au G20 si ces sauvages ne sont enfermés. Les deux basques arrêtés avant-hier sont à peine une goutte d'eau de l'océan de terroristes qui s'en viennent brûler et piller la civilisation. Heureusement, monsieur le chevalier et son fidèle vassal s'en viennent au devant des rebelles pour leur montrer qui est la France !

 

        Voilà les fauteurs de troubles ! Au bout de l'avenue, les fameux indignés se sont engouffrés dans la rue piétonne et avancent vers lui d'un pas décidé . Le commissaire fulmine ! Avec toutes les brigades mobiles déployées aux alentours, pas une n'est allée les stopper avant le palais des expositions ! Et il peut les entendre de loin, car à leur tête marchent tambours et percussions, donnant à tout leur groupe un rythme très soutenu. Les autres manifestants avancent en criant 314682_2072355501893_1635068648_1738442_2076093728_n.jpg« Libérez nos camarades » et de nombreux autres slogans contestataires. Quelle bande d'énervés ! Mais les deux policiers gardent la tête froide et continuent en direction du groupe. Ils ne peuvent passer, il faut absolument couper court à cette rébellion ! Alors qu'ils ne sont plus qu'à quelques pas, l'officier voit bien que son acolyte hésite devant la charge de la colonne de furieux intégristes, mais il lui ordonne de rester là et de faire front, prenant sa propre bravoure comme exemple. Ainsi, les deux pauvres hommes seuls devant tant de violence font appel à tout leur courage, et lorsque les casseurs ne sont plus qu'à quelques pas d'eux, ils sortent aux yeux de tous leur carte de police et s'écrient de leur voix la plus impressionnante « STOP ! POLICE !!! Ceci est une manifestation illégale ! ». Mais les manifestants de tête semblent ne même pas saisir ce qu'ils leur ordonnent. Les premiers continuent leur route en proférant leurs chants terroristes ou en tapant comme des possédés sur leurs tambours. Les deux policiers se mettent alors à courir en tout sens en agitant leur carte de membres officiels des matons publiques. « Stop ! Stop ! Faites demi-tour immédiatement! » Rien n'y fais, les manifestants ne prêtent même pas attention à leurs injonctions. Ils continuent rapidement, de manière très décidée vers la place Garibaldi. Il ne faut surtout pas qu'ils y parviennent où ce sera la fin de Nice. Ils n'ont pas brisés de magasins pour l'instant, mais cette bande déchaînée va incendier la ville s'ils ne sont pas rapidement remis en laisse ! Les deux compères s'évertuent à effectuer leur noble mission, mais sont à présent pris dans la vague humaine, plongés profondément en milieu hostile !

 

            Monsieur le commissaire ne sait comment faire devant ces gens qui ne réagissent pas à ces ordres. Est-ce leur simplicité d'esprit ou leur cerveau complètements malade, rongé par des idées folles, qui les fait continuer comme si de rien. C'est un scandale ! « Arrêtez-vous ! Je vous ordonne de stopper immédiatement ! Police ! Halte ! ». Mais qui sont ces gens totalement désobéissants ! Voilà bien quelque chose qui fait bien tord à son égo . Lui habitué à voir tout le monde se soumettre, de ses hommes à son chien en passant par sa femme. Seul sa mère et sa fille adolescente osent parfois défier sa voix. «STOP !!! » s'écrie le commissaire . Les gens autour de lui ricanent et esquivent ses gestes tranquillement. Des gens de tout age, de tout type, comme autant de potentiels dangers et autres hors la loi par essence . Beaucoup ont d'ailleurs accrochés des panneaux prouvant leur marginalité. L'un a écrit qu'il était basque, l'autre espagnol. Celui-là fait de l'escalade ! Celui-ci est gay ! Certains affirment même être un potentiel danger, un casseur présumé ou carrément un terroriste ! Alors que la foule étouffe complètement l'officier, celui-ci se retrouve entouré par toute une horde de clowns qui viennent grimacer autour de lui. Quelques uns font des gestes dans sa direction, veulent l'enlacer, l'embrasser... voir pire ! Le policier cherche son jeune collègue parmi les têtes, mais ne voit que les visages blancs ricanant autour de lui. Rien à faire, il est seul. La sueur lui monte au visage, ses cris se calment, ses yeux s'écarquillent, il sent ses muscles se bloquer. Des fous ! Il est entouré de fous ! Comment sortir de cet enfer ? Toutes ces mains qui se tendent vers lui, ces sourires et ces rires ! Le commissaire est à présent paralysé par la peur. Les souvenirs de son enfance lui reviennent. Il se revoit petit, alors qu'il s'était perdu dans une foire de cirque, cherchant ses parents parmi les clowns et les jongleurs. Les gros nez rouge qui l'avaient alors tant impressionnés l'entourent à nouveau comme une nuée . L'homme reste raide comme un pieu, perdu entre les images de jeunesse et sa vision présente. Les gens se pressent et continuent leur progression, emportant l'armée des clowns. Lui ne bouge plus une semelle, même alors que la fin du groupe s'éloigne en chantant, le laissant seul au milieu du pavé. Son jeune collègue le retrouve ainsi, tétanisé, rouge de sueur, serrant sa carte de policier de toute sa poigne.

 

         Le commissaire ayant retrouvé ses esprits, les deux policiers repartent en chasse, sur les pistes de la horde de marginaux. Ils ont beau chercher des poubelles en flamme ou des magasins saccagés, aucun signe de destruction sauvage ne leur saute aux yeux. Ils redescendent donc l'avenue de la République en courant, par où ils étaient venus. Mais le troupeau n'est pas allé bien loin. Ils parviennent enfin à la place Garibaldi, suffoquant après leur marathon de plus de deux cents mètres. C'est ici un des plus important lieu de Nice, et ils ne peuvent que constater que toute cette bande s'est éparpillée sur toute la place. Malgré tout le dispositif en place, le culot, la rapidité et l'organisation dont a fait preuve cette bande d'extrémistes ont eu raison de leur puissance militaire. Quel scandale ! Et à présent, les voilà disséminés sur toute la place. Ils courent comme des fous sur le pavé, dans tout les sens, sans trop de direction définie, chacun à sa manière. Ceux qui abordent des cartons scandent leur marginalité et les preuves de leur décadence au yeux de la société. Ils n'hésitent pas à monter sur les bancs, les gros bacs de fleurs et autre mobilier urbain pour s'afficher devant les passants. Les clowns eux, courent de l'un à l'autre. Beaucoup se sont vêtus de manière très grotesque à la manière de policiers. Certains portent un képi, un plumeau en guise de matraque, une veste bleu, d'autres vont et viennent avec des vêtements de cow-boy, ou une étoile de shérif. L'un court avec un casque en plastique de motard, bouclier en plastique d'une main alors que de l'autre il donne de faux coup avec un manche à balai. Un spectacle pathétique. Maintenant qu'il est sorti de leur étreinte, monsieur le commissaire peut cracher tant qu'il veut sur les nez rouges.

 

            Pendant que les furieux indignés se donnent en spectacle, les forces de police se positionnent depuis les quatre coins de la place. Pas question de laisser s'échapper un seul de ces vauriens ! Les meilleurs fils de France sont descendus de leurs fourgons équipés de pied en cap de leurs belles armures qui leur donnent une allure tellement fière. Tout ces beaux garçons si bien disciplinés viennent se positionner d'une manière parfaitement coordonnée, digne d'une relève de la garde. Pour le commissaire, ce moment est magnifique ! Le voilà aux commandes du plus beau instrument de la république, son corps de justice expéditive ! A la manière de son maître d'école le corrigeant de sa règle lorsqu'il ne connaissait pas la leçon, ces braves professeurs savent à merveille rappeler au peuple lorsqu'il ne connaît pas les bornes de ses droits. Tout ce beau monde est enfin en place, prêt à en découdre avec les fauteurs de trouble. L'officier ordonne alors aux troupes d'avancer et d'encercler les manifestants.

 

 310690_2072370982280_1635068648_1738457_923983007_n.jpg                C'est à l'instant où les compagnies républicaine de sécurité progressent que les clowns réagissent. Quelques uns, en plein milieu de la place, déploient une bande blanche et rouge de travaux, alors que tout les autres parviennent enfin à attraper les marginaux. Les clowns vont et viennent, amenant les anarchistes qu'ils ont réussis à interpeller jusqu'à l'enclos, puis repartent à la poursuite des derniers. En deux minutes, tout ceux portant des pancartes sont enfermés au sein de la zone, elle-même gardée par les clowns policiers. Des panneaux prison/carcel sont accrochés aux bandes en plastique. Les indignés parqués se mettent à protester contre leurs tortionnaires, criant « Liberté ». Les clowns tournent autour du fil, leur ordonnant sans succès de se taire. Ils se mettent alors à frapper à l'aide de leur plumeau ou de leur parapluie, criant  « silence terroristes ! ». La scène dure encore quelques minutes, durant lesquelles les troupes de maintien de l'ordre viennent encercler de près la horde d'agités. Des dizaines de robocops sont venus se poster tout le long de la ligne de tramway, formant une ligne ininterrompue en travers de la place, alors que sous les colonnades, de nombreux agents de la BAC ou autres policiers en civils se sont mêlés à la population en toute discrétion, incognito, prouesse en laquelle ils excellent !

 

          Une fois bien assuré qu'il est convenablement à l'abri des furieux anarchistes derrière sa haie d'armures, le commissaire décide enfin d'avancer. Sa petite aventure avec les clowns l'a laissé carrément anxieux. Il ne tient absolument pas à se retrouver à nouveau entre leurs griffes. Heureusement, les belles troupes française sont venues à sa rescousse avec tout l'arsenal nécessaire pour mater ces vauriens. Il vient alors se poster derrière la ligne de boucliers, afin de comprendre le cirque auquel se livrent les protestataires. Les marginaux sont enfin réduits au silence, et ils se contentent à présent de lever les mains en l'air. C'est alors qu'une fille habillée d'une longue robe orange, avec de grosses lunettes rouges, s'avance devant le rond, brandissant un rouleau de papier. Levant les bras, elle fait taire les derniers cris, puis prends la parole, s'exprimant de façon très maniéré. Le commissaire parvient à comprendre avec un temps de retard qu'il s'agit là d'une parodie de juge.

 

Capture-du-2013-04-17-20-53-52.png             « Messieurs les policiers, s'écrie la fausse magistrat, vous êtes les bienvenu à rester pour observer. Nous ne vous demanderons même pas de payer, ajoute-t-elle en rigolant. Alors je vous demanderai de rester calme jusqu'à l'ouverture du tribunal populaire. Nous sommes aujourd'hui réunis, en ce haut lieu public, de cette instance de tribunal populaire, pour juger de crimes terribles ! » « Justice nulle part, police partout » répondent alors les potentiels criminels encerclés. La juge reprend : « mardi matin, alors que le soleil brillait sur la côte azurée de Nice, trois vilains espagnols, trois BASQUES, ont heureusement été interceptés près de l'aéroport de Nice ! Je dis bien heureusement interceptés, car les forces de l'ordre ont découverts dans leur sacs tout un attirail de terroriste, comprenant des chaussons d'escalade et des CORDES ! Comme aucune préparation de défense n'a été jugée nécessaire, ils sont passés en comparution immédiate, et ces trois malotrus ont été condamnés à UN MOIS FERME DE PRISON ! » La juge, radieuse se dandine en laissant les hourras et les applaudissement des clowns faire écho à sa nouvelle. Quelques secondes de félicitations s'écoulent avant qu'elle ne reprenne, le ton bien plus grave : « Hier encore, alors que la lune perçait derrière les nuages ensommeillées, onze CASSEURS POTENTIELS ont été interpellés. Ils ont été interpellés près du repère de quelques sombres anarcho-chaotiques un peu trop libres ! Malheureusement, ils ont été relâchés et courent à présent dans nos rues, alors fermez vos volets citoyens de Nice, fermez vos volets ! Mais ce n'est pas fini : aujourd'hui encore, des femmes et hommes libres ont tentés l'impossible : ils ont tentés de circuler librement ! Vous êtes tous des criminels potentiels !!! » Elle termine par féliciter les clowns-policiers pour avoir réussi à interpeller tout les fauteurs de troubles et casseurs présumés, les invitant à redoubler d'effort dans leur lutte contre la criminalité.

 

             Lorsque la juge clos son discours, tout les prisonniers se remettent à crier, scandant « Libérez nos camarades », malgré les coups de plumeau des clowns-policiers. Tout ce monde devient de plus en plus excité, jusqu'à ce que la fausse prison soit coupée et que tout les protestataires repartent en liberté. Le chaos reprends sur la place. Le commissaire ordonne à ses troupes de se tenir prêtes à contenir tout débordement. Il le sait, ces affreux comptent bien en découdre avec la police et cherchent le moindre prétexte pour transformer la place en zone de guerre. Mais la frousse de l'officier n'est pas injustifiée, car tout les clowns-policiers s'avancent vers lui, d'un pas de zombie, comme si ils venaient le saisir. Dès lors, il ne sait plus où se mettre ! Comment réagir, quel ordre doit-il lancer ? Les questions se bousculent dans sa tête normalement si bien ordonnée, alors que s'avance la nuée de nez rouges. Les furieux progressent à présent en adressant des bisous à ses hommes. Voilà la folie aphrodisiaque qui leur reprend ! Heureusement, son écuyer remarque que son chef n'est plus en état de mener la bataille, aussi ordonne-t-il à ses hommes de se resserrer, épaule contre épaule, afin de contenir toute chCapture-du-2013-04-17-20-57-25.pngarge. S'ils arrivaient au niveau de son maître, ce serait pire que tout ! Lorsque qu'ils ne sont plus qu'à quelques mètres de la haie d'armures, les clowns stoppent leur avance, se mettant à faire toute une comédie grotesque. Un coup de Hakka parodié, suivi d'un peu de danse, après quoi tout le monde fait mine de s'entre-tuer, tombe raide mort, puis se relève d'un coup, et ils se mettent sautiller, se faisant des câlins, des bisous, etc... Et le manège continue ainsi plusieurs minutes. Le jeune lieutenant, le visage devenu blême, ne sait absolument pas quoi penser de cette mascarade, se disant qu'il s'agit là d'un odieux subterfuge pour leur faire perdre la tête. D'ailleurs, s'agissant du commissaire, la chose est faites ! Il a à présent le teint rouge vif, s'est remis à suer un fleuve et regarde bouche bée la troupe de clowns, sursautant à chacun de leurs changement d'humeur. Au final, certains voyous maquillés osent même venir faire un tour d'inspection de la ligne de policiers. Il en est pour carrément faire mine de dépoussiérer l'uniforme de quelques soldats à l'aide de leurs plumeaux. Le lieutenant le sait, ils vont attaquer ! Toute cette mise en scène est faites pour les déconcerter ! La jeune clown avec son plumeau qui sautille devant les hommes n'est là que pour les détourner de leurs obligations afin que le reste du groupe les prenne par surprise. Ils vont attaquer c'est certains !

 

Capture-du-2013-04-17-22-06-20.png            En plein milieu de la place, un grand italien vêtu d'une veste bleue se met à frapper sur son grand tambourin, style Esmeralda, criant « À cent blés A », repris en cœur par une bonne partie des manifestants. « À cent blés ! À cent blés A ! Allez venez, on forme le cercle ! A cents blés ! » s'écrient eux aussi les clowns-policiers. Immédiatement, la brigade de nez rouges fait demi tour et repart vers le reste du groupe. Voyant leurs pires craintes reculer, le lieutenant pousse un grand soupir de soulagement, tout comme le commissaire qui sort de sa torpeur. Mais que c'est il passé ! Quel est donc ce mot d'ordre qui a fait tourner les talons à toute cette bande d'enragés ??? Il faut à tout prix saisir ces quelques mots au plus vite, où tout leur troupeau d'excités va se ruer on ne sais où ! Mais les clowns ont à présent rejoints le reste des « indignés » et tout ce monde se pose de manière circulaire autour du tambourin de l'italien. Quelle est donc cette nouvelle stratégie ? Les nez rouges loin de lui, le commissaire recouvre enfin toute sa bonne raison et recommence à cracher sur les manifestants. Leur action est d'ailleurs clairement en train de se transformer en prière publique ! Tout ces extrémistes assis à terre attendent sûrement quelques signes de leur gourou pour commencer le rituel ! Le lieutenant attrape la radio et contact les supérieurs afin d'avoir plus de conseils ! Doivent-ils faire charger leurs troupes pour stopper cet acte religieux ou laisser la sainte laïcité être bafoué par ces intégristes ? Le commissaire, lui, cherche à repérer le chef ! Est-ce le grand italien, la juge, un des clowns, le rasta masqué, le vieux barbu...

 

            Les chefs ont dit d'attendre et de se tenir prêt à intervenir si besoin... Le cordon policier reste donc en place autour du cercle de manifestants, l'arme à la main, prêt à sauter sur tout les activistes. Toute la ligne de matraques et d'armures espérait tant se dégourdir les bras en tapant sur un clown ou une jeune militante, après avoir passé de longues heures enfermés dans leurs camions à pianoter leurs téléphones. Hélas, rien n'y fait, le commandement a dis non, alors le sergent peut tripoter son tonfa dans tout les sens et le caporal caresser la gâchette de son fusil qui le démange tant... Le deux officiers voient le mégaphone circuler de main en main dans le cercle, chacun y allant de son incantation, mais ils ne parviennent pas vraiment à saisir ce qu'il se dit. En effet, un jeune rebelle en ayant mare de la cérémonie est venu se poser juste devant eux avec son accordéon et s'est mis à jouer, tentant de les égayer. Le jeune officier se motive pour 384393_2072462264562_1635068648_1738502_1769232504-copie-1.jpgenvoyer un spray de lacrymo afin de dégager ce nuisible insupportable , mais lorsque il en fait pars à son supérieur, le commissaire refuse car il apprécie la Valse d'Amélie de Yann Tiersen. D'ailleurs, quelques autres manifestants quittent le cercle de prière afin de se joindre à lui. Au bout de quelques minutes, c'est une dizaine de personne qui dansent sur les airs du petit piano alors qu'un autre l'accompagne de son mini tambour. Mais le lieutenant fulmine et ordonne à la ligne d'armures de repousser ces vauriens d'une dizaine de mètres. La haie s'exécute, et balai à coups de boucliers musiciens et danseurs. Ceux-ci reculent tranquillement, jusqu'à arriver de l'autre côté de la chaussée. Arrivés à bonne distance, les matraques repartent à leur position initiale... tout comme les nuisibles qui les suivent de quelques pas. Les deux officiers enragent complet !

 

             Le cercle se relève, la prière est sûrement terminée ! Allez donc savoir avec quel dieu sanguinaire ont ils communié durant leurs incantations. Le groupe recommence à se disperser dans l'espace qui leur est attribué, alors que l'accordéoniste longe la haie de boucliers en jouant un air qui paraît familier au commissaire. Sa fille le lui avait chanté il y a quelques mois, en se foutant de lui mais il ne se souvient pas des paroles. Il se souvient juste l'avoir remercié comme tout bon flic s'exprime sur une étudiante... Tampis, au moins ce guignol s'écarte, voilà une bonne chose ! Tel joueur de flûte de Hamelin, la bande d'anarchistes se met à suivre la musique reprenant la direction de l'Avenue de la République. Enfin ! Le troupeau repart à l'abattoir, tout est bien qui finis bien ! Le commissaire ordonne à ses hommes de suivre le groupe libertaire et prends enfin le temps de souffler : « Bon vent ! Allons prendre un verre ! »

 

            Les deux officiers n'ont même pas commandé leur whisky que la radio les rappelle. « Ils nous ont échappés !!! Ils ont subitement changés de direction et se sont mis à courir à travers les ruelles de Nice ! » Cinq secondes d’inattention de leur part et voilà que la horde d'excités a échappée à nouveau à tout l'appareil répressif ! Les deux hommes accourent et retrouvent enfin les robocops, leur faisant bien comprendre l'état de leurs nerfs . Une centaine d'hommes étaient déjà mobilisés pour contenir les insurgés, mais devant la situation, le commissaire se voit contraint d'appeler à la rescousse toutes les brigades mobiles des alentours. Heureusement, quelques agents de la BAC et des RG sont encore parmi eux, permettant de les localiser. Hélas, la bande d'anarcho-libertaires est très fluide, sans itinéraire fixe, ce qui corse la tâche des autorités. Pour l'instant, ils ne ne commettent pas de destruction sur leur passage, mais qui sait ce qu'il peut traverser leur esprit malade... À force de tourner dans tout les sens, le commissaire et ses hommes parviennent enfin à contenir la progression de la meute. L'air d'accordéon retentit à présent encore plus fort et parviens aux oreilles exaspérées du vieux policier, qui se souvient à présent des paroles du refrain de Parabellum :


« Mort aux vaches

Mort aux condés

Vive les enfants de Cayenne

A bat ceux de la sûreté ! »

 

           Une ligne de CRS pour bloquer telle rue, un cordon de gendarmes mobiles déployés pour bloquer telle autre, la police nationale en armure sur leurs arrières et la BAC sur leurs flancs, la horde chaotique est sous contrôle ! La police respire enfin ! La petite balade dans le centre-ville a exaspérée au possible les deux officiers ! Cette fois, ils ne leurs laissent pas le choix : replis sous haute escorte policière jusqu'aux abattoirs, sinon c'est la boucherie sur place . Après cinq minutes de réflexion entre eux, le troupeau accepte de se laisser ramener docilement à l'enclos d'où ils se sont échappés. Le commissaire soulagé déploie donc ses troupes quatre ou cinq fois supérieurs en nombre tout autour du groupe de manifestants illégaux. Le trajet dure une bonne demi-heure, les « indignés » marchant d'un pas tranquille malgré les ordres de presser le pas. A l'avant, les percussions ont repris, donnant un air festif à cette parade sous haute escorte, puis le groupe s'allonge sur un cinquantaine de mètres, avec quelques groupes discutant entre eux en marchant doucement, avec à la fin l'accordéoniste qui ne lâche pas son soufflet, faisant chanter à ses camarades aux alentours tout un tas de chansons révolutionnaires. Les clowns vont d'un bout à l'autre du cordon, courant dans tout les sens, allant harceler les policiers à l'avant, puis dépoussiérant ceux sur les flancs avant de s'asseoir quelques dizaines de secondes tout à l'arrière, se posant devant les policiers d'un air narquois, agrandissant encore plus le dispositif.

 

          Voilà enfin les abattoirs ! Le commissaire espère avoir droit à peu de repos bien mérité, sauf qu'une partie des manifestants décident de s'asseoir à l'entrée, se posant tranquillement à discuter devant le portail. Même si ses hommes repoussent certains d'entre eux, ceux postés juste à l'entrée refusent d'entrer dans le camp. Il faut ainsi attendre une bonne heure de plus avant que la quasi totalité du groupe abandonne le sit-in par lassitude et regagne l'enceinte du camp. Durant ce temps, une femme aux cheveux roses vient s'énerver en espagnol sur les policiers car certains auraient apparemment volés ses papiers. La femme fait une demi heure de scandale devant lui, pleurant, criant, injuriant, puis d'autres personnes viennent la soutenir, tenter de traduire, l'appuyer, écouter ce qu'il se passe... Tout un cinéma qui use jusqu'au bout les nerfs du commissaire. Lorsqu'il ne reste plus qu'une dizaine de voyous à l'entrée des abattoirs, les deux officiers épuisés par leur journée remettent le commandement à l'officier des CRS avant de regagner leurs voitures.

 

            Monsieur le commissaire et son écuyer avancent d'un pas usé à travers l'avenue de la République, redescendant à la place Garibaldi. La radio de la police vient de l'informer que tout les indignés ont à présent regagnés l'enceinte du campement et que les brigades repartent à leurs positions. Voyant les magasins de la rue saints et sauf, le viel officier se félicite intérieurement d'avoir su aussi bien contrôler ces vauriens. Il repense alors à la manière avec laquelle il a su les diriger si aisément, au zèle de ses hommes qui ont obéis de manière si efficace à son commandement. La journée était dure, ces farouches anarchistes n'étaient pas les plus tendres des manifestants, mais ils ont eu affaire à lui et ne s'en sont pas sortis si facilement. On ne dupe pas la Police, surtout lorsque Monsieur le Commissaire la dirige. Sans parler de ces stupides clowns et leurs pitreries grotesques qui... Vlan ! Le noble officier s'écroule de tout son long sur le pavé. Sa chute est bien lourde, d'autant qu'il ne l'avait absolument pas vue venir. Il relève sa figure devenue blème et constate qu'il s'est pris les pieds dans... un plumeau ! Un plumeau de clown ! Bleu blanc et rouge ! Il s'en saisit et le jette au loin, les yeux pleins de rage. Mais une chaleur étrange perle sur son visage. Portant la main à son museau, il éssuit de ses doigts un filet de sang. Il découvre alors que son plongeon ne l'a pas laissé indemne... son nez est à présent rouge et enflé !

 

 

       Parce que selon certaines sources, la police s'est sentie humiliée par l'action des clowns policiers du 03 novembre 2011 à Nice!!! =)

 

 

Vidéo de l'action par Pixso:


 

 

Photos: - LIli Jane = > http://leeleepost.blogspot.fr/

               - Capture d'écran d'une vidéo d'Elena Brunet pour Le Nouvel Observateur => http://tempsreel.nouvelobs.com/economie/20111103.OBS3791/en-video-a-nice-les-indignes-protestent-contre-les-interpellations.html

 

 


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