C'est parti pour la Bretagne!

Publié le par Peleran

 

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Après avoir bossé près de deux mois à Luchon, en tant que serveur dans un restaurant, j'ai pu équiper mon vélo des bagages et de l'équipement que je souhaitais. J'ai décidé de rejoindre des amis travaillant en Bretagne, à Saint Cast le Guildo. Voici le début de mon premier voyage important à vélo!

321052_2258169141030_418701_n.jpgLe temps est au grand beau, à Luchon en ce jour du 25 avril 2011. Le vélo, monté avec tout l’équipement, m’attend dans le garage, en bas de l’appartement. J’écrase ma clope, et lance « bon, j’y vais ». Je descends les dernières choses à fixer sur mon vélo avant de partir, puis remonte vérifier que je n’ai rien oublié. Tout y est. Je sors le vélo sur le trottoir, et attend que mes amis soient prèts eux aussi. Ils ont décidés de m’accompagner jusqu’à la sortie de Luchon. Eddy, Manon, Petit Jo, Johan, Mathieu et mon petit frère qui sont présent pour mon départ. Il est environ seize heures lorsque nous montons en selle. C’est un sacré groupe de vélo qui traverse Luchon, roulant en tous sens, prenant des photos et commentant mon nouvel arnachement. Nous roulons joyeusement vers le Nord et la sortie de la ville. Je n’ai aucune idée de ce qui peut m’attendre sur la route, et j’en suis plutôt anxieux, mais avoir tout ces gens que j’aime auprès de moi, sous ce beau temps, me donne confiance. Après le panneau de sortie de Luchon, nous empruntons la grande ligne droite descendant la vallée. Arrivé au rond-point d’Antignac, tous me devancent et se posent le long de la route pour me souhaiter un bon voyage, à la manière des supporters du Tour au passage des cyclistes. Je ne coupe pas mon élan, les salut, leur dit merci et à bientôt, et continue ma route. En avant toutes, cap au Nord !

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Je longe donc la Pique jusqu’à ce qu’elle atteigne la Garonne, puis emprunte la piste cyclable suivant cette dernière. Je roule sans m’arrêter jusqu’à Montréjeau. Là, dégustant fruits et biscuits, j’observe cette chère vallée des Pyrénées que je viens de descendre en guise de rampe de lancement pour mon voyage. Il est déjà dix-huit heures trente, et je ne compte pas rouler beaucoup plus longtemps. Aujourd’hui, je voulais juste partir. Sans forcément aller loin, juste le fait de sortir de mon environnement pour ce soir me permet de vraiment voyager dès demain. Franchir le seuil de chez soi, sans non plus risquer de trébucher sur le trottoir, juste devant, par trop d’enthousiasme. Je prends donc la direction de Lannemezan, par la nationale, puis redescend dans la vallée de la Neste. Deux fermiers me refusent l’hospitalité dans leur grange, mais un homme habitant une ferme transformée en jolie maison m’accueil chez lui lorsque je demande à pouvoir coucher sous son porche. Mon hôte me sers un bon Ricard en apéro et cuisine des frites maison avec du magret de canard, que nous dégustons avec la bouteille de Gaillac que j’avais acheté pour fêter mon départ. Nous discutons jusqu’à une heure du matin, principalement de politique. Mon hôte me confie sans aucune honte accorder importance à Marine le Pen dans ses idées politique. Ce fut le principal sujet central, lui me confiant ses problématiques quotidiennes de père de famille lambda et honnête confronté à un système le prenant pour un con, et moi tentant de lui montrer que les solutions du Front National sont bien trop faciles à dire, face à la complexité de la réalité. Je suis encore convaincu aujourd’hui que cet homme était tout à fait censé dans ces propos, mais que le seul problème qu’il avait, était le manque d’informations et de recul (la télé allumée en permanence…), ce qui l’amenait à accorder importance au plus ignoble des candidats à la présidentielle, car tous les autres étaient de toute façon autant pourris, mais osaient moins aborder les problématique réelles. Après ce long débat, je dormis au final sous le préau, car l’homme devait partir tôt le lendemain.

Je me réveil le lendemain vers dix heures. Le temps est au crachin. J’harnache mon vélo, mais me retrouve confronté à un premier problème technique dans l’organisation des sacoches. J’accroche donc mon accordéon sur le porte bagage arrière de manière différente, et débute ce premier jour véritable du voyage. M.A.P dans les oreilles. Je roule jusqu’à Lannemezan, mais le temps tournant à la pluie intense, je me réfugie dans un bar, complètement trempé. Là, le patron très sympathique m’offre un café et une bonne conversation, puis un repas, et enfin un client me paie un second café après que nous ayons parlé un bon moment. Vers seize heures, le temps se dégageant, je reprends la route du Nord, dans la vallée de la Baïse. Je roule environ soixante kilomètres sous un soleil revenu me chauffer, avec une pause à Mirande . Je m’arrête vers vingt heures en plein campagne, et monte mon bivouac sous un grand hangar agricole. Le lendemain, après un bon petit déjeuner, je roule jusqu’à Nérac pour le repas de midi, où je rencontre deux clochards, attendant Godo. J’atteins la Garonne dans l’après-midi. Je la longe tranquillement sur une quinzaine de bornes, grâce une piste cyclable aménagée sur l’antique chemin de halage d’un canal parallèle. Je pose ma tente le soir sur un air de camping libre, à côté d’un restaurant faisant face au canal et aux péniches.

Le quatrième jour, je me réveille vers onze heure. Le temps de ranger tout ma tente, de tout accrocher sur le vélo et de prendre un petit-dej, je perds presque deux heures. C'est donc très tard que je recommence à longer la Garonne sur l'ancien chemin de halage. C'est Dimanche, et par ce beau temps, le canal est très fréquenté. Je rencontre donc de nombreux cyclistes, dont un voyageur à vélo. A Castets-en-Dorthe, là où le canal rejoins la Garonne, je fais une pause casse-croûte avec un couple à vélo motivés pour eux aussi voyager par les pédales. En milieu d'après midi, je traverse enfin le fleuve, à Langon. Je roule ensuite jusqu'à Cadillac, fait une pause de deux heures, puis continue encore un peu jusqu'à Rions. Là, je demande à l'office de tourisme si ils disposent d'un camping. L'homme me recevant, très sympathique, m'informe que non, mais m'invite à poser ma tente sur le terrain de potager communautaire du village, dans une partie herbeuse. Il m'invite de plus à venir me doucher chez lui dans la soirée. Je m'y rend une fois mon campement en place. L'homme m'invite à boire un coup avec lui et ses voisins: un couple et leur deux enfants. Par là suite, il cuisine un bon plat de pâtes avec des boulettes de viande, et ouvre une bouteille de vin venant du verger d'un papy du village. Un vrai festin ! Le voisin me donne de plus l'adresse du « Garage Moderne », de Bordeaux, où je peux aller faire réparer la roue déjà voilée de mon vélo.

Je me réveille le cinquième jour de bonne heure, mais perd encore une fois beaucoup de temps à ranger toutes mes affaires. Je fais ensuite les trente kilomètres me séparant de Bordeaux sans une halte, cherchant à rejoindre la ville le plus rapidement possible. J'arrive donc vers dix heures à Bordeaux, mais perds une heure à chercher le Garage Moderne. Je le trouve en fin de matinée, mais heureusement, ils peuvent me recevoir. Un mécano de l'association accepte de s'occuper de mon vélo d'ici quinze heure. Je le décharge donc, lui décroche la roue et part faire un tour dans la ville. C'est d'ailleurs la première fois que je suis à Bordeaux (mis à part la fois où j'avais traversé la ville en voiture lorsque j'étais jeune). Ne connaissant pas, et étant à pied, je me contente donc d'errer le long de la berge de la Garonne. Vue du bord du fleuve, la ville ne me plais vraiment pas. Bref, je ne commenterais par trop Bordeaux. La Garonne, ici, n'a plus rien à voir avec la limpidité que je lui connaissais lorsque je l'ai longée le premier jour. Complètement boueuse, son aspect me répugne. Elle en a ramassé des merdes depuis qu'elle est descendue des montagnes !

Je récupère mon vélo vers quinze heure trente. Je l'allège au passage de choses que je juge plutôt inutile, les donnant à l'association, et récupère un rétroviseur de mobylette. Je reprend la route, traverse le Pont de Pierre une seconde fois et quitte Bordeaux. Je passe ensuite la Dordogne sur un petit pont en ferraille, très étroit et plein de circulation, et arrive à Cubzac les ponts. J'y fais une pause d'une bonne heure, et mange un bout un buvant un café. Après être passé dans un paysage assez semblable aux Landes, j'arrive le soir à Bussac-Forêt. Je pose mon bivouac sur les gradins d'un petit stade de foot. Je passe une soirée tranquille, mangeant des sandwichs et des fruits. Je veille un peu avant de dormir, observant le ciel et réfléchissant au lendemain de mon voyage.

J'ai l'info que la Marcha Meseta, que je tente de rejoindre depuis que je suis parti, campais la veille à dix kilomètres de là, à Montlieu-la-Garde, et ce soir même à Barbezieux-Saint-Hilaire, une quarantaine de bornes plus au nord. Je passe la soirée à réfléchir au pourquoi je tiens à rejoindre ces marcheurs. Il faut connaître, pour mieux comprendre mon voyage, le périple que d'autres faisaient dans le même temps et sur plus ou moins la même route, grâce à cette belle providence qui nous rapproche. En effet, après le délogement par la police des acampadas du 15M dans la plus part des villes espagnoles, des marches ont étés organisées depuis les quatre coins de l'Espagne pour rallier la Puerta del Sol à Madrid. Toutes ces marches sont arrivées dans la capitale espagnole fin juillet, mais beaucoup des militants ont décidés d'aller porter leurs revendications à Bruxelles. Ils ont donc formés deux marches, la Marcha Meseta, partant de Madrid et la Marcha Mediterranea, partant de Barcelone. La première est arrivée à Bayonne mi août, et s'est faite rejoindre par de nombreux ex-campeurs du petit village « Indigné » du Mail Chao Pelletier. Les premières recrues française, sont donc beaucoup de mes amis que j'avais rencontré dans cette « Acampada Baiona ». La marche arrivais à Bordeaux lorsque j'ai quitté Luchon, mais un marcheur fait une quarantaine de bornes par jour, alors que sur mon vélo j'ai réussi à aller jusqu'à cent dix kilomètres le troisième jour. Demain, je découvrirais donc ce 15M espagnol, ce peuple en marche, cette énergie populaire !

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