Comment je suis devenu Voyageur

Publié le par Peleran

Jeudi 21 avril 20011

 

Toulouse

 

Ciel => Pas un nuage

 

   Voila déja plus d'une semaine que la décision a été prise. Je quitte la routine. Je pars. Adieu Toulouse, je rentre dans mes montagnes, avant de repartir plus loin! J'ai vidé et nettoyé l'appart dans la semaine, réglé les papiers avec le proprio. Ma grand mère est passée prendre mes dernières affaires la veille. Il ne reste plus rien. Je prends mon sac et y accroche le duvet avant de le jeter sur mon dos. Je jette un dernier regard par précaussion. Il n'y a plus rien d'autres que les affaires de mon coloc. Je sors.

    Je dévale l'escalier. Il est 08 heure du matin, la journée s'annonce belle! Le vent est enfin calme. Il avait soufflé puissament dans les rues de la ville rose depuis le début de la semaine. Je l'entendais m'appeller ce vent, Il avait soufflé sur les braises de mon envie de partir pour de bon, durant plusieurs jours, et enfin se taisait, me laissant m'envoler. Je détacha mon vélo. Ce cher VTT qui n'avais encore aucune modification, tout neuf si ce n'était les balades en ville et l'excursion à Verfeil. Je vérifie une dernière fois mon sac. Tout y est, même le billet du concert! Niquel! Je claque le portail en grand fracas, pour ne pas changer des habitudes. C'est parti!

    Ma première étape est Muret. Je dois rejoindre Elodie, la copine de mon coloc pour lui remettre les clés. Je commence donc par longer la Garonne. Arrivé sous le périférique, je perd la piste cyclable. Je décide donc de passer  sur la route. Et me voila en plein sur la nationale! Les camions me font des frissons en passant, les voitures me frolent, génial! En passant sur un trotoir, je sens un problème à ma roue arrière. Première crevaison! Je répare, repars, et recrève à l'entrée de Muret! Je rerépare, rerepars, et me voila bien en retard pour donner les clés à Elodie. J'attends donc l'intercour de 11h.

     Enfin la voila. Bise, je lui donne les clés, rebise, tchao! Entre temps, ma roue s'est à nouveau dégonflée. Je regonfle et reprends la route. Arrivé à la sortie de muret, je suis encore à plat. Je gonfle la roue encore une fois, et le temps de passer le pont au dessus de la route, je me retrouve encore une fois à rouler sur la jante. Une rivière me pemet de chercher les trous. De un, j'ai mal mis la rustine, de deux il restais encore un trou. Je change de chambre à air, remet des rustines sur celle-ci et c'est reparti! Il est midi, il faut que je fasse vite! Je commence par longer la vallée de la Garonne, puis oblique vers le sud ouest, cherchant à atteindre Tarbes de façon "azimut".

  2245229983_small_1.jpg   Je commence donc par prendre la direction de Bougne sur Gesse. J'emprunte donc une jolie vallée pleine de prairies, que je longe durant plusieurs heures. A la fin de celle-ci, après une bonne montée, je me retrouve sur la crète d'une colline, avec devant moi, tout le comminge qui s'étend, et au fond, vers le sud, la chaine de pyrénées, dont je discerne l'entrée de la vallée de la Garonne. Luchon est tout au fond de celle-ci. Je contemple la beauté de ce paysage le temps d'une cigarette, et je m'imagine alors comme un cavalier, traversant les campagnes au temps où elles n'étaient pas défigurées par les autoroutes, jonchées d'exploitations  minières, etc... Je me vois l'apache du temps où on ne les avais pas encore exterminés, scrutant la plaine du haut d'un plateau, ou bien encore Grand-Pas dans Tolkien, contemplant les plaines du Rohan en sortant des colines de Sarn Gebir... Tant de magies sont dans ce paysage! La beauté du moment est incroyable. Mais la route est longue, et cavalier ou cycliste, il n'y a pas de temps à perdre!

    J'arrive à Boulogne vers 15h. Une heure de pause, pour manger et je me remet en selle. Yann, mon pote de Tarbes, qui m'attend, m'appel entre temps, et n'en reviens pas quand il apprend que je viens à vélo. Je continue le long des routes du sud du Gers, direction Castenau Magnoac, puis Trie sur Baïse. La route n'est que vallon s'enchainant les uns après les autres, des montés coupant les mollets, puis des redescente, puis encore des montés... La route est horrible, mais il faut la faire. Je vois l'heure tourner, et malgré la volonté que je met dans chaque coup de pédale, ma fatigue à raison de mon acharnement. Il est 19 heure lorsque j'arrive à Trie Sur Baïse. Il reste deux heures avant le concert, et 40 kilomètres m'en sépare, en sachant que je dois avant passer chez mon pote, puis aller à la salle... et je ne sais absolument pas où c'est! Je m'arrète acheter quelques bananes et un packet de gateaux que je dévore. Yann me contact encore une fois, me disant qu'il a négocié avec un de ses potes qui à une voiture, mais il a trop la flemme pour venir me chercher. Sachant de qui il parle, ça ne m'étonne pas, mais je ne m'empèche pas pour autant de qualifier son pote de tout les noms! Je reprends donc la route. Le soleil commence à prendre de belles teintes oranges, et ses jolies couleurs me redonnent un peu de gaieté. Je dépense toute ma rage envers l'autre type dans mes coups de pédale, et même si la route s'est un peu aplatie, je doute de ma capacité à atteindre Tarbes en temps et en heure.

   Il est 20 heure. Le concert commence dans une heure. Je suis encore à trentes kilomètres de Tarbes. Je n'y crois presque plus, mais tout de même, je fais du "vélo stop": à chaque voiture qui passe je tend le pousse, mais ça fait une demi heure que je fait cela, et personne ne s'est arrété. Je désepère complètement. 20 heure 10, les voitures ralentissent à mon geste, croyant que je tourne à droite, mais ne s'arrètent pas.

     20h15. Une camionette Berlingo passe, je tend le pousse, elle continue sa route quelques mètres, puis s'arrète sur le bas coté. L'homme qui en descend accepte de me prendre, moi et mon vélo! Enfin!!! Après 20 minutes de discution et de repos sur son siège passager, il me dépose non loin de chez mon pote, et m'apprends pour le plus grand de mon bonheur que la salle de La Gespe est tout à coté! Miracle!!

    Yann m'accueille dans son appart! Il halucine de mon périple, et me présente à ses potes. Je suis à bout de forces en arrivant, mais Yann me cuisine une assiette de spaguettis dont je me souviens encore! Un groupe est en première partie du concert, je prends donc le temps de manger tranquilement, de me reposer, boire quelques bières et fumer un peu.

   Vers 22h, je me rend au concert. En arrivant, on m'informe que la première partie vient de finir. J'entre dans la salle. Elle est bondée, mais pas au point d'en étouffer. Je vois le scène se mettre en place, j'observe les instruments, la foule, les jolies filles parmis celle-ci, et à ma grannde surprise, ma prof de maths de mes dernières année de lycée s'avançant vers moi. Le temps d'échanger quelques mots avec elle, le groupe prend place. Alors, pour le plus grand de mes plaisirs, les Ogres de Barback ouvrent le concert par "Comment je Suis devenu Voyageur", la première chanson de l'album du même nom. Dès les premières notes, je repense à cette folle journée, à la beauté de ces paysages traversés à force de mollets. Mais j'ai réussi, j'ai tenu mon pari fou! J'ai quitté la routine Toulousaine, pour partir sur les routes! Ma première étape se termine en beauté!

 

 


 
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