L'HUB de Koekelberg

Publié le par Peleran

Mercredi 12 octobre 2011, 21 heure :

 

Bruxelles, gare centrale.

 

J'y suis !!! Après toute une journée de voyage, après avoir traversé la France du Nord au Sud, et même plus, je suis enfin arrivé à Bruxelles, et me voilà devant les portes de la gare centrale. Je prends le temps d'observer un peu la place où je me trouve, et me situer. C'est la première fois que je suis ici, et je ne sais pas où je dois me rendre, si ce n'est une indication sur un bout de papier, griffonné à la hâte avant de partir. Trois personnes m'abordent. Deux filles et un mecs, habillés à la citadine. Ils cherchent des feuilles pour rouler un pétard. Je leur fournis, en leur demandant où je peux trouver le parc Elisabeth II à Koekelberg. Les trois jeunes s'interrogent, alors que l'une d'elle sort sa boulette de haschisch en pleine place publique et se met à l'effriter sans une seule crainte de la police. Petit français habitué à me cacher de l'oeil des matraques pour rouler, je suis carrément choqué par ma première rencontre en Belgique. Je leur fait d'ailleurs la remarque, et ils me répondent qu'il n'y a jamais de problème ici. Je n'ai pas trop changé de langue, mais d'ambiance c'est sur ! En cherchant sur internet par son téléphone, une des filles trouve comment je peux me rendre à vélo. Elle m'explique rapidement, me voilà aiguillé.

 

En suivant les infos alternatives sur internet depuis chez moi, j'avais gardé un œil sur la fin de la Marcha Bruselas. Ils étaient arrivés le 08 octobre à Bruxelles, soit quatre jours avant moi. Dès leur arrivée, la police belge en grand nombre était venue les cueillir au parc Elisabeth II, où ils avaient l'intention de camper. Sous la pluie battante, la police en tenue anti-émeute n'a pas hésité à taper pour éviter un campement. Certains marcheurs ont été interpellés manu-militari, alors que le reste a été repoussé par les forces de l'ordre. D'après quelques infos que j'ai pu trouver ils seraient allés se réfugier à « l'H.U.B de Koekelberg », une ancienne université catholique désaffectée. On verra bien ce que je trouverais là bas, une fois sur place.

 

indigne-shub.jpgJe descends une côte du centre ville de Bruxelles, très illuminé, avec quelques magasins bien décorés, pas mal de monde sur les trottoirs. Je roule de nuit, à peine éclairé par mes nouveaux phares de vélo. J'arrive place de la monnaie, en grands travaux. Une coïncidence avec ces temps ! Je traverse la place, passe par une grande rue marchande, alors fermée et quasiment vide, et rejoins un grand boulevard neuf. Un passant m'indique que le parc est sur ma gauche, au fond du boulevard, au pied de la grande basilique. Merci monsieur ! Je trace donc tout droit, pas très serein dans la circulation bruxelloise. Je remonte le grand boulevard, jusqu'au grand parc Elisabeth II, s'étendant jusqu'à une grande et belle basilique du sacré-coeur, éclairée de nuit, majestueuse, une grande arche de pierre à son entrée, deux grandes tours d'un côté de l'autre, et un superbe dôme surplombant toute l'église. Devant le parc se tient un grand panneau lumineux. Une flèche indique la gauche avec l'annotation « Indignés  RDV =HUB» au dessous d'elle. La présence d'un tel signe me surprend beaucoup ! Je prend donc à gauche, suivant ce singulier panneau. Je longe le parc en remontant vers le monument, cherchant autour de moi d'autres signes de la présence « d'indignés ». Je n'aperçois rien. Je vais donc au pied de la basilique et redescend le parc par l'allée centrale. Je rejoins à nouveau la flèche, et cherche à comprendre ce qu'elle peut bien indiquer. En ouvrant les yeux, c'est sûre que c'est plus facile ! Les grandes bannières «GLOBAL MOVEMENT» se dressent depuis le haut d'un grand bâtiment juste devant moi, de l'autre côté de la route. Les copains sont là !!!

 

 

 

Anotation d'Adrien, ami marcheur qui était là lors de l'arrivée des marches à Bruxelles:

« L'histoire de pourquoi on c'est retrouvé au hub selon moi.

A la base on devait camper sur le parc Elizabeth. Les bruxellois préparaient ça depuis un moment. Nous avions des informations parcellaires qui arrivaient de temps en temps, lorsque nous étions sur la marche, mais en gros on était bien obligé de leur faire confiance.

Environ une semaine avant d'arriver à Bruxelles, nous apprenons que le campement au parc Elizabeth est autorisé. Les bruxellois ont préparé un programme qu'ils ont déjà imprimés et nous demandent de le valider. Une partie des marcheurs qui avaient une idée précise de ce qu'ils voulaient faire durant l'agora demandent alors à ce que l'on fasse une autre proposition. On se prend une demi journée pour travailler en comission a organiser des assemblées thématiques sur différents sujet. Je participe à « Démocratie et participation citoyenne ». Au final, nous envoyons cette programmation aux bruxellois, un peu faite à l'arrache, comme d'habitude dans la Marcha Bruselas. Il est alors décidé d'appliquer la double programmation : celle préparée et déjà difusé par Bruxelles et la notre qui vient de sortir de Terre. Un beau bordel en perspective !

 

Le jour de la dernière étape qui doit nous mener a Bruxelles, il pleut a torrent. Étape difficile, avec une ambiance très particulière : un moment de notre vie est en train de prendre fin. Demain nous ne serons plus marcheur. Pendant une pause repas à l'abri de la pluie, des policiers viennent nous informer que il ne sera pas possible de camper sur le parc Elizabeth, mais que le bourgmestre du quartier nous ouvre généreusement une université. Nous les ignorons royalement, : Nous sommes venus pour camper et nous camperons !

A l'approche de Bruxelles, c'est un beau bordel pour organiser la jonction des deux marches. Elles doivent entrer dans la ville par différent côté puis se rejoindre pour arriver en même temps sur le lieu du campement. Beaucoup de confusion, des coups de téléphone dans tous les sens, des rumeurs. Nous parvenons pourtant par nous rejoindre et après un abrazo collectivo, nous nous dirigeons enfin vers le parc Elizabeth. En chemin je discute avec Blue, une fille très influente dans la Marcha Mediterranea. Elle m'explique qu'elle ne veut pas camper mais plutôt obéir à la police, qu'il ne faut pas gâcher la fête, etc... J'essaye de lui expliquer le point de vue des copains de la Meseta qui est bien différent....

 

Lorsque que nous arrivons au parc, il y a peut être un millier de personnes qui nous attendent avec fanfare, nourriture et vêtements chaud, ainsi qu'une armée de journalistes. Après une heure d'abrazo collectivo et de slogans hurlé a tue tête, je vois que des copains ont commencé à monter leur tentes, je les rejoint et commence a monter la mienne.

Je suis hyper ému et j'ai vraiment du mal a empêcher mes mains de trembler. Une journaliste m'interview en même temps. Nous allons ensuite boire un café au chaud avec des copains. Quand je reviens sur le parc, une grande assemblée est en cour. Il y a tellement de monde que j'ai du mal a entendre ce qui se dit et je me demande bien comment on peut y prendre la parole. Je demande de quoi il retourne et on m'explique qu'on essaye de décider si on campe ou si on accepte de rejoindre l'université. Moi je me marre ! Ils font une assemblée pour savoir si l'on campe alors que la plupart des copains de la Meseta ont déjà planté la leur sans attendre les décision d'une quelconque assemblée. Esta noché, accampamos ! Bien sur cette assemblée ne trouvera aucun consensus après plusieurs heures de débat. Personnellement, je n'y reste que 5 minutes et repart ensuite faire la fête avec les copains.

 

ind10.jpgAu bout d'un moment des colonnes de casqués commencent a se positionner autour du parc. La tension monte et ça discute dans tous les sens pour savoir comment réagir. Avec quelques copains on décide de mettre nos tentes a l'abri et de faire une « sentada ». Je suis totalement perdu et ne sais pas quelle est la meilleure chose à faire. Mais en voyant les copains s'asseoir je comprend que je ne peut pas me contenter de les regarder prendre des coups. Je les rejoint.

Autour de la sentada, les partisans du repli stratégique vers l'université s'efforcent de nous convaincre de se lever sagement... peine perdue. Beaucoup de tension, d'engueulade, d'incompréhension. Puis, la menace des robocops se précise. Ils avancent vers le parc et commencent à nous encercler. Une grosse parti du groupe bat en retraite vers l'HUB (je suppose). Reste sur le parc les partisans de la résistance pacifique et des gens qui sont contre mais qui tiennent a rester prés de nous en solidarité. La sentada est maintenant encerclée par les molosses du roi Albert et nous négocions avec eux. Vous devez partir ! On ne partira pas. Si on est debout par groupes de 5, ils n'auront pas le droit de charger. On s'éxecute mais ils chargent quand même... En Belgique les matraques sont en acier et ils n y vont pas de main morte.

Nous sommes embarqués par petits groupes et amassés a coté de grands bus. Au bout d'un moment on m'invite a rentrer dans l'un d 'eux. A chaque siège, un indigné est assis, avec un ange gardien debout à coté de lui, la matraque à la ceinture. Certains les insultent, moi j'entreprend d'expliquer ma manière de voir les choses a celui qui me surveille. « Crosse en l'air camarade, les mauvais jours finiront ». Je n'arrive pas à le convaincre mais on a quand mème une bonne discussion.

Nous arrivons ensuite à la prison et nous nous retrouvons parqués pour la nuit sans chaussure , sans couverture dans des geoles glaciale de béton et d'acier.

Nous sommes raccompagnés le lendemain en bus jusqu au parc Elizabeth. Je découvre alors cet "Hub" et comprend assez vite que les flics nous ont tendu un piège et que l'on s'y est précipité.

Cet endroit est ingérable. Un sacré chaos s 'annonce... Je ne me serais pas trompé ! »


DSC01175L'H.U.B de Bruxelles se dresse dans un petit jardin, un peu en contrebas du parc Elisabeth II. Bâti de briques rouges, il est fait dans un style bien particulier. Il me ferait penser à une muraille de forme pyramidale, avec de nombreux renforts la soutenant, mais tous ornés de grandes fenêtres. S'avançant dans le jardin, une grande tour se dresse, aux fenêtres allant de bas en haut. Celle-ci est raccroché au reste en son pied, mais plus haut, des couloirs de verres raccordent cette tour (où se trouve en fait les escaliers et les ascenseurs) aux étages. La partie « muraille » du site est le long d'une rue en contrebas, de l'autre côté du jardin par rapport au parc. C'est là que se trouve l'entrée, au milieu du rempart, après quelques marches.

 

DSC01176.jpg

Lorsque j'arrive devant la porte de l'H.U.B de Koekelberg, de nombreuses personnes se tiennent à l'entrée, en haut des escaliers, debout ou assis sur la murette, discutant devant la porte. Direct, je retrouve Guillaume, de Bayonne. Quel joie de le revoir ! Nous parlons de notre chemin depuis Paris, mais la conversation passe rapidement à cet « H.U.B » sur les marches duquel nous sommes. Je suis vraiment surpris que la Marcha Bruselas aient pu ouvrir un tel lieu ! C'est apparemment la commune de Koekelberg qui leur a ouvert le site, afin qu'ils ne campent pas dans le parc. Le premier soir, tout les marcheurs, sauf ceux qui s'étaient fait embarquer, s'étaient regroupés dans le hall d'entrée. Toutes les portes autour d'eux étaient fermées, mis à part les toilettes. Mais plus d'une centaine de personnes pleines d'énergie ne tiennent pas longtemps dans un espace si étroit. Et il y a toujours un Link pour trouver la clé ouvrant les portes du donjon. Et la faille, se fut un ascenseur. Des marcheurs parvinrent à le remettre en marche. Grâce à cela, ils purent monter jusqu'au cinquième et dernier étage. Là, je ne sais comment, toutes les clefs de l'université furent découvertes. Une équipe s'en saisit et se lança dans l'exploration des locaux. Toutes les serrures furent visitées, toutes les clefs essayées une à une, et en fin de compte l'édifice offrit à la Marcha Bruselas ses couloirs, ses escaliers, ses salles de classe, sa salle informatique, sa bibliothèque, son amphithéâtre, son réfectoire, sa cuisine, son jardin... Une vraie caverne aux milles merveilles, où tout était possible pour cet Agora de Bruxelles. Guillaume m'expliqua que les marcheurs avaient organisés le bâtiment à leur manière. Chaque salle avait reçue un nom d'animal en espagnol. Dans certaines, des commissions particulières y avaient installées leur lieu de réunion et de travail. C'est là aussi que dormaient les occupants qui s'étaient répartis dans les étages. Il restais apparemment des salles vides, où je pouvais m'installer, à moins que je n'aille avec d'autres marcheurs de Bayonne. Un Bruxellois, qui parlait avec Guillaume avant mon arrivé dévie ensuite la conversation sur le vélo. Je parle encore un bon moment avec eux, puis me décide de passer la porte.

 

DSC01172.jpgLe hall d'entrée de l'H.U.B est décoré style bien « indigné » : des cartons, affiches et banderoles sont accrochés dans tout les sens, pleins de slogans, de revendications, de caricatures ou autres dessins. Tout un tas de gens tiennent l'entrée, aux allures très variées, de tout âge, s'occupant à je ne sais quoi. J'entends autour de moi principalement du français et de l'espagnol, mais aussi un peu d'anglais. Sur ma gauche, le guichet d'accueil est occupé par quelques personnes, avec tout un tas de panneaux pleins d'indications, sur le programme du lendemain, les signes en assemblée, l'organisation du site, des textes revendicatifs, des articles de presse... J'arrive aux escaliers, plongés dans le noir. Je préfère ne pas savoir si les ascenseurs marchent, vu le lieu, je ne mettrai pas un pied dedans. Hélas Guillaume m'a informé que des bayonnais se trouvent au dernier étage, et c'est donc tout là haut que je dois monter mon vélo. Mais un inconnu dont j'ai à peine vu le visage me vient en aide pour porter mon vélo. Nous montons avec peine ma bécane surchargée jusqu'au sommet, et prenons le temps de souffler un coup. Mais voilà que Bastien déboule d'en couloir et se retrouve nez à nez avec moi ! Nous sommes surpris de nous retrouver ainsi par hasard à nouveau, et je suis ravi de ne pas avoir à chercher les copains plus longtemps. Il m'invite donc dans une petite pièce où s'est installé Nico de Bayonne. Petit café, longue conversation. La fenêtre de la pièce domine le ciel Bruxellois, particulièrement le parc de Koelkelberg, et la basilique, se dressant juste devant nous. Quel bonheur d'être ici !

 

Kevin est enfin arrivé à Bruxelles ! D'un coup de métro, il est arrivé au parc. Je laisse mon vélo cadenassé devant la porte de la salle et pars le retrouver. Je le rejoins dans le parc, et l'amène à l'H.U.B. Très excité par ce que je viens de découvrir, je lui montre et lui explique tout ce que j'ai déjà vu ou entendu à propos de l'endroit. Nous remontons au cinquième et rejoignons Bastien et Nico. Un petit moment, et un nous nous mettons en quête d'un lieu où dormir. Bastien nous servant de guide, nous explorons cette université. Les salles se succèdent, toutes hétéroclites. D'abord ce nom d'animal en espagnol sur la porte, puis à l'intérieur tout un tas de tables et de chaises, souvent poussées ou rangées contre un mur, parfois encore en place. La plus part sont déjà occupées par des marcheurs, qui y ont étendu leur paillasse, laissé leur sac, voir carrément installé leur tente. Nous continuons à déambuler au gré des couloirs et des escaliers, et j'ai plutôt du mal à me repérer. Hélas, de nombreux graffitis ont été faites sur les murs, quelques empreintes au pochoir. Des textes de je ne sais quoi sont scotchés par-ci par là. Nous ouvrons et fermons les nombreuses portes. Au final, nous parvenons à trouver une salle de cours vide. Les tables et les chaises sont empilées en bonne ordre au fond, et nous avons donc tout le loisir de nous installer. La pièce, très spacieuse, est dotée de fenêtres donnant sur le jardin de l'université, le Parc Elisabeth II et la basilique de Koekelberg. Le temps de remonter chercher mon vélo et le sac de Kevin, nous revenons nous installer. D'ailleurs, Bastien se pose lui aussi avec nous. Je me suis doté pour ce voyage d'une nouvelle tente, plus grande, afin de pouvoir entrer mon vélo en cas de besoin (ou héberger). Peu confiant à laisser ma bécane à la vue, je monte ma tente dans la salle, défait mon vélo, lui enlève la roue et le rentre dans la tente. Je cadenasse le cadre à la roue démontée, et enveloppe le tout dans ma bâche, avec les bagages par dessus. Au moins, me voilà un peu plus rassuré. Nous voilà tout trois posés. Une mèche pour fêter ça ! Viva el H.U.B de Koekelberg !

 

DSC01169.jpgBastien descend au réfectoire, nous le suivons quelques minutes après. Nous devons pour cela descendre les escaliers jusqu'au second sous sol. Hélas, à partir, du premier étage, les escaliers ne sont plus éclairés que par quelques veilleuses qui ont été disposées sur quelques marches. C'est donc dans l'obscurité quasi complète que nous descendons au plus profond de l'université. Quelques autres chandelles sont posées le long du couloir allant au restaurant. Nous croisons au passage une table disposées de façon à passer par la fenêtre juste au dessus pour aller dans le jardin. Au fond du couloir, deux portes à incendies battent au gré des entrées et sorties de quelques silhouettes qui se dessinent devant le rai de lumière apparaissant chaque fois. D'ailleurs, un grand tumulte émane de la pièce. Nous passons donc la porte, et nous voilà dans une très grande salle. Une foule impressionnante est ici. La plus part des gens sont répartis le long des grandes tables collectives de gauche, ou à droite sur des tables plus petites. Au centre, une queue est formée, où au moins une trentaine de personnes patientent en attendant d'aller prendre leur plateau à la cuisine, où s'active tout un régiment de cuistos bénévoles. En plein centre du réfectoire, deux grands piliers rouge soutiennent le haut plafond, auxquels sont accrochés tout un tas de feuilles d'informations, des textes de revendications, etc... A côté de l'entrée un escalier mène à une petite mezzanine, avec balcon donnant sur la grande salle. A gauche et à droite, de grandes fenêtres se dressent, d'un côté donnant sur la rue, de l'autre sur le jardin, avec une chaise et une table disposées pour passer à l'une d'elle.

 

Là, je retrouve tout un tas d'amis campeur de Bayonne, de marcheurs de la Meseta, « d'indignés Parisiens ». Je suis super content de retrouver chacun d'eux, je passe pas mal de temps à discuter avec tout le monde. Bien entendu, je suis infatigable sur le sujet de cet université qui nous est tombé entre les mains. Beaucoup partagent mon enthousiasme, m'expliquant plein de nouveaux détails sur ce bâtiment qui n'en finis pas de montrer ses trésors. Nous partons même sur l'idée avec certains que nous pourrions en faire, avec beaucoup d'organisation et d'autogestion, un centre indigné européen, ou autre délire du genre. Mais certains occupants me rapportent une toute autre version de cet H.U.B, beaucoup plus grave. Il apparaît que de nombreux problèmes surviennent dans tout les coins. L'eau a été coupée, et des problèmes d'approvisionnement en cette denrée précieuse surviennent en cuisine. L'électricité pose aussi problème dans certaines parties du bâtiment. Niveau organisation, l'université a été ouverte par un nombre important de personnes, qui ont dû tant bien que mal s'entendre dans une anomie anarchique la plus totale pour investir le lieu. Il y a donc bien entendu quelques problèmes de vivre ensemble. Mais la sécurité des biens et des personnes est aussi inexistante. Il n'y a bien entendu aucun contrôle à l'entrée, si bien que n'importe qui entre et sors comme il veux, avec ce qu'il veut, et se balade dans tout les sens sans aucun problème. Dès lors, de nombreux cas de vols ont été signalés. Au final du séjour, beaucoup se seront fait prendre des instruments de musique, du matériel informatique, des appareils photos, caméscopes ou d'autres bien de valeurs. Le fait qu'un tel endroit nous ai ainsi été délivré paraît très suspect. Certains me parlent bien entendu de manipulation pour faire tomber le mouvement. De nombreuses dégradations sont de plus commises un peu partout. J'appris par la suite par des gens ayant débouché les toilettes plus d' une fois (qui ne faisaient que se boucher) , qu'ils avaient souvent retrouvés des grosse boules de papiers au fond, exprès pour saccager le lieu. L'histoire la plus grosse et la plus louche s'était déroulée deux jours avant mon arrivée : quelqu'un s'était ramené avec pas moins de trois kilos de Marijuana, et une équipe avait donc fait le tour du bâtiment, distribuant des pochons d'herbe à travers les salles de l'université...

 

Nous sommes arrivés trop tard, la cuisine n'a plus grand chose à nous offrir. Kevin m'invite donc à aller manger un sandwich dehors. Nous faisons donc un petit tour dans Koekelberg, puis revenons à l'H.U.B vers deux heures du matin. Nous regagnons le troisième étage et nous perdons à travers les couloirs avant de trouver la bonne salle. Enfin, nous regagnons nos duvets. Mon vélo est toujours là. Parfait ! Le temps de faire une pausé détente avant de dormir, je laisse mon esprits bercé par toutes les images de ce premier soir de voyage.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article