Nice, en temps et en heure!

Publié le par Peleran

Vendredi 28 octobre 2011 :

 

       Deux personnes venant travailler sont très surprises de nous trouver à squatter ici. Après explications, ils nous conseillent de bouger tout de même assez vite. Durant la nuit, j'ai jeté un coup d’œil à ma carte de France afin de trouver un itinéraire jusqu'à Nice. Nous devons donc commencer par aller vers La Ciotat, au sud, puis nous prendrons vers l'Est. Après un petit déjeuner dans une boulangerie, nous devons commencer la journée par un col. Joie ! Nous lançons notre escalade vers dix heures du matin, sous un ciel encore très nuageux, avec un peu de bruine pour nous rafraîchir. La session de grimpe dure une bonne demi-heure et lorsque nous parvenons enfin au col de la Ginette (400 mètres) je suis très content d'avoir réussi avec le vélo si chargé, qui plus est la carriole. Nous redescendons ensuite de l'autre côté, et alors que je croyais que nous serions déjà à la Ciotat, voilà que la route remonte sur un second col. Nous le franchissons lui aussi et arrivons enfin. Pause casse-croûte bien méritée !

 

        Seize heure, nous sommes à nouveau sur nos selles. Et nous sommes une fois de plus confrontés à un col ! Mais celui-là n'est vraiment pas aussi facile que les précédents. Il monte beaucoup plus raide dès le départ, nous tuant les jambes d'entrée ! Nous soufflons comme des bœufs à chaque coup de pédale. Au bout d'une bonne demi-heure de grimpe, je rejoins Fred m'attendant à un croisement. Nous sommes tout deux rouges de sueurs, les tee-shirts trempés. Le temps de manger un coup, nous nous recommençons à grimper. A présent, nous sommes vraiment haut, j'espère que la montée s'achève bientôt. Hélas, celle-ci dure encore et encore. Des lacets interminables se perdent à travers les pins sur des kilomètres. La route finit par devenir un faux plat, très usant pour nos corps qui demandent à ce que le supplice s'arrête au plus vite. Enfin, après vingt kilomètre depuis la Ciotat, nous voilà en haut !

 

        Laissant la route pour Toulon sur notre droite, nous avons tracés plein est, et pour la première fois, le soleil s'est couché dans notre dos. Nous arrivons le soir, alors que la nuit est enfin tombée, à Signes, petit village de Provence. Deux filles que nous croisons nous envoient dormir dans une vielle bâtisse reculée. Un squat bien dégueu, plein d'immondices, avec une partie d'une pièce cramée ! Merci les demoiselles ! Le patron du bar du village, chez qui nous prenons une bière, nous conseil d'aller nous poser à l'ancien camping municipal. Nous suivons son conseil après une bonne discution avec lui. Mais en chemin, l'idée nous prend d'aller plutôt nous poser dans une maison en construction que nous apercevons. Nous nous y installons discrètement, puis je quitte la compagnie de Fred pour aller me balader.

 

 

Samedi 29 octobre 2011 :

 

        Les ouvriers viennent ouvrir leur chantier à huit heure. Ils sont stupéfaits de nous trouver ici à dormir. Heureusement, notre présence les amuse. Leur arrivée nous a réveillée, et nous nous redressons direct. Nous nous saluons, ils nous demandent si on a bien dormi, etc... Nous leur expliquons vite fait ce que nous faisons ici. Nous parlons un peu avec eux en rangeant en sortant de nos duvets. Cependant, ils nous conseillent de nous dépêcher de partir car ils doivent se mettre à bosser, et leur chef ne va pas tarder. D'ailleurs, la bonne fortune nous a souris à un jour près, car ils doivent poser toutes les fenêtres et les portes d'ici ce soir. Le temps que nous sortions les vélos de la maison en construction, le patron arrive, mais ne vient pas nous engueuler. Nous faisons nos adieux à toute l'équipe et quittons la chantier.

 

           Un petit café au bistrot de Signes nous lance la journée. Nous regagnons ensuite la petite route suivant la vallée. Celle-ci est très agréable, entourée d'une belle nature méditerranéenne. Pour notre plus grand bonheur, notre direction nous fait suivre tranquillement le cours de la rivière. Nous roulons très longtemps, avec une seule pause durant toute la matinée. Le grand ciel bleu et haut soleil au dessus de nous est un plaisir pour nous ! Nous goûtons enfin au plaisir de la Provence. La vallée s'ouvre au bout d'une quinzaine de kilomètres, et nous entrons dans de grands champs qui de part et d'autre la route vont se perdre jusqu'aux collines environnantes. Nous prenons alors vers le Nord Est, et atteignons Brignoles aux environs de midi.

 

       Après une belle descente, nous entrons sur la place centrale. Un bon casse-croûte et une pause au soleil d'au moins deux heures nous permet de repartir d'un bon pied vers quinze heure. Nous recommençons direct le voyage par un petit col, au nord de Brignoles afin d 'éviter l'autoroute. Nous continuons alors en direction du nord-est durant toute l'après midi. La route est entourée de pins nous protégeant d'un soleil tapant bien fort en cet après midi. La route monte et descends, serpentant entre les collines. Une vrai tuerie pour nos pauvres jambes qui ont déjà endurées les cols du bord de mer.

 

      C'est avec beaucoup de peine que nous atteignons Draguignan dans la soirée. La ville se présente devant nous au creux d'une vallée que l'on atteint par une belle descente. Un beau soulagement après tant de kilomètres. Une fois en bas, nous trouvons un camping de l'autre côté de la ville. Déplier sa tente légalement, s'installer confortablement pour la nuit, puis aller prendre un douche... un vrai luxe ! Demain, c'est mon anniversaire, alors j'aimerais que nous fassions la grasse matinée pour fêter ça, c'est pourquoi je me suis motivé à payer la place de tente. Le soir, nous partons faire un tour en ville. Nous trouvons un camion de pizzaiolo très sympa, puis un jeune du coin qui nous offre un bière dans un bar. Nous rentrons à minuit passé, après avoir trinqué à mes vingt et un ans.

 

 

Dimanche 30 octobre 2011 :

 

         Une bonne grasse matinée, rien de mieux pour son anniversaire ! La journée commence doucement, durant laquelle nous en profitons pour nous reposer avant la fin du périple. Nous comptons tout de même rouler une trentaine de bornes avant le soir, aussi nous nous remettons en route vers seize heure. Le temps se maintient au grand bleu ce qui permet au soleil de nous faire profiter au mieux des douceurs de la Provence. Nous roulons doucement durant les quelques heures à pédaler, les jambes lourdes à force de monter et descendre dans ce pays accidenté.

 

        Lorsque la nuit tombe, nous sommes encore sur nos selles. Nous avons croisés quelques beaux villages perchés sur le flanc des collines, mais nous n'y sommes pas monté, préférant rester dans la vallée, et tenter d'y trouver une boulangerie. Nous nous arrêtons enfin lorsqu'il fait tout à fait noir à hauteur d'un bar de patelin, ouvert et animé. Je m'y rend afin de demander un peu de pain, que l'on m'offre gracieusement. Lorsque Fred me rejoins, nous nous commençons à discuter avec quelques piliers, la charmante serveuse et la patronne. Nous leur racontons notre voyage, et l'assistance est très interessée. Nous nous faisons alors payer des verres par les clients, chacun commandant sa tournée. Mon compagnon ajoute de plus que c'est aujourd'hui mon anniversaire, ce, qui amène les verres à se multiplier sur le comptoir. Alors qu'ils nous interrogent sur nos moyens de subsistance, j'en viens à parler de mon accordéon. Il ne faut pas longtemps avant que j'aille le décrocher de mon vélo et que je me mette à jouer dans le bistrot. Ainsi, nous nous retrouvons à taper soirée avec toute la clientèle et les femmes du bar. Au final, lorsque il est temps de partir, nous nous souhaitons tous bonne soirée, et quelques personnes nous donnent un peu d'argent, nous souhaitant bon voyage et une bonne continuation, nous remerciant encore pour la musique. La jeune serveuse nous indique juste avant que nous partions comment entrer dans le garage de son immeuble, dans un village tout proche, afin que nous puissions y passer la nuit. Nous nous y rendons et posons nos paillasses dans un souterrain non loin de l'ascenseur. Je ressors ensuite fumer sous le ciel étoilé, titubant sous l'alcool et espérant bien sur recroiser la charmante.

 

 

 

Lundi 31 Octobre 2011 :

 

            Tôt le matin, nous sommes réveillés par les habitants de l'immeuble qui ne tardent pas à nous jeter dehors. Nous partons prendre les café dans le bar de la veille. Nous sommes cependant reçu par un vieux monsieur absolument inconnu. Ce n'est plus la même ambiance ! Dernier point route avant partir : nous sommes le 31 octobre, et il nous faut arriver à Nice ce soir. Heureusement, nous nous avons vraiment bien roulé, et Nice n'est plus qu'à 70 kilomètres devant nous. A nous de tout donner aujourd'hui et nous serons au rendez-vous en temps et en heure !

Du coup, objectif du moment, être à Grasse pour midi !

 

         C'est parti ! Nous voilà sur la route pour cette dernière journée avant le G.20. Nous continuons sur la même petite route départementale que la veille, serpentant à travers les collines de pins. Passer la frontière avec les Alpes Maritimes dans la matinée est un bon point pour le moral et pour nous maintenir dans notre effort. Une bonne descente puis nous sommes confrontés à l'entrée de Grasse à une horrible montée, raide jusqu'en haut de la ville. Mais lorsque nous atteignons le sommet, nous nous retrouvons perchés sur une esplanade très haute, avec vue jusqu'à la mer. Il est onze heure et quelques, nous battons des records ! Ici, nous apprenons que tout un tas de barrages ont été mis en place pour l'accès à la côte, particulièrement à Cannes, mais aussi à l'entrée de Nice. J'avais trouvé l'info que quelques douze mille policiers ont été mobilisés pour protéger le sommet. Pour les habitants du coin, la région est vraiment en état de siège, avec des contrôles sur les autoroutes, aux gares, partout, et une présence policière plus qu'omniprésente. Nous prenons ensuite le temps de manger tranquillement dans un parc en contrebas, débattant de toute ces infos.

 

         La motivation pour reprendre la route nous revient vers quatorze heure. Arès avoir tant escaladé la Provence, nous pouvons à présent la dévaler. Ainsi, la vingtaine de kilomètres qui nous séparait d'Antibes sont une rigolade, juste de la bonne descente, avec contre nous un agréable vent marin venant de la côte. La présence policière est de plus en plus importante au fur et à mesure que nous nous approchons de la croisette. Par bonheur, absolument aucun képi ne vient nous embêter durant tout le trajet, moi qui pensait qu'avec nos allures ils nous sauteraient dessus. Lorsque enfin nous sommes sur le littoral, il ne nous reste plus qu'à longer la plage vers l'est. Au moment où nous passons enfin le panneau Nice, nous sommes vraiment fier de notre périple. Nous faisons une pause à l'entrée de la promenade des anglais, appréciant la vue sur cette ville pour laquelle nous avons tant pédalé.

 

 

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