Remise à plat, afin de mieux repenser cette première année.

Publié le par Peleran

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20 juillet 2012, Luchon, V.O, 16 heure 35.

La connexion internet de ce bar ne marche pas, de même que celle de son habituel suppléant à la tâche. Je prends cela comme un encouragement à écrire. Cela fait depuis hier soir que je me suis motivé à réécrire pour le blog, sans vraiment en prendre l’initiative. Cette panne me conforte donc dans  mon objectif de l’après-midi. Commencer à repenser ma première année d’université autodidacte, section voyage avec options ajoutées : musique, sport, philosophie et application des nouvelles formes démocratique, géographie, histoire, langues étrangères, cuisine, vie en groupe, vie en autonomie, apprentissage de l’autogestion, premiers pas dans les tactiques anti-consommation, etc…

Je suis revenu à Luchon jeudi 12 juillet, vers quinze heures, après avoir descendu le col du Peyresourde, et l’avoir monté au préalable par l’autre versant, sur un vélo de soixante kilos. Je voulais juste savoir vraiment pourquoi je rentrais, après cette belle première année. Maintenant, il s’agit d’en faire le bilan, afin de mieux préparer l’année prochaine. Je vais donc repartir du début de l’année proprement dite, c’est-à-dire mon premier départ véritable, avec le vélo équipé comme je voulais (même si il a depuis beaucoup changé dans son organisation).

Ce départ-là, mercredi 27 aout est celui qui m’a permis de vraiment quitter cette vallée que j’aime tant, mais où y tourner en rond, sans vraiment savoir dans quel sens, rend fou ! C’est ce premier voyage qui m’a permis de comprendre vraiment ce que je voulais faire, et comment. J’avais mis le cap sur la Bretagne pour aller voir des amis travaillant là-bas, mais c’est grâce à ce périple à vélo que j’ai vraiment compris que ce qui était le plus important dans un voyage, n’était pas le but, mais le chemin emprunté. C’est donc sur la route que j’ai rejoint la Marcha Meseta, du 15-M Espagnol, partie de Madrid fin juillet, et ayant comme destination Bruxelles. Sur la route, de nombreux français ou autres les avait rejoints, dont de nombreux que je connaissais de l’Acampada Baiona, deux mois auparavant. Je ne garde que peu de souvenirs, et pas très intéressant de mon passage parmi eux entre Angoulême et Poitiers. Cependant, après ma semaine en Bretagne, je passa par Paris pour les rejoindre, et c’est là que j’ai vraiment gouté à ce que pouvait être de voyager tout en affirmant son désir révolutionnaire. Je me souviendrais toujours du moment où j’ai sorti l’accordéon Boulevard Saint Germain, à Paris, alors que nous luttions pacifiquement, contre la police cherchant à nous embarquer tous, depuis plus de deux heures, et que nous n’étions plus qu’un dernier carré, petit, mais bien résolu à résister jusqu’au dernier ! Alors que le moral était au plus bas, le regain de joie et de motivation que j’ai donné en entonnant Bella Ciao au milieu de ce groupe d’Espagnol maquillés m’a fait comprendre quel était l’impact que je pouvais être en choisissant vraiment la voix que je me tâtais d’emprunter.

Je ne suis aujourd’hui pas déçu d’avoir opté pour la vie que j’ai choisi cette année. Mieux, je sais dès à présent que je n’en démordrai pas de sitôt, et que je cherche au contraire à l’améliorer au possible, en cherchant toutes les techniques pour assouvir la liberté à laquelle j’aspire, tout en consommant le moins possible. Ainsi je veux sortir du système, sans oublier la réalité du Monde, afin de se préparer à la pourriture et à la chute du premier, sans que le second en subisse totalement les blessures irrévocable. C’est grâce à cette recherche d’un lendemain post-capitaliste pour l’Humanité que j’ai encore espoir, afin de ne pas laisser le Capitalisme être la fin de son Histoire, comme il a juré l’être lors de son sacrement. Réévolutionnons-nous !

Cette remise à plat va être différente de mes articles précédents. En effet, lorsque j’écrivais durant la Marche d’Athènes en Italie, ou au début de la Marche Bayonne-Paris, c’était avec quelques jours de retard à peine sur les évènements. Mes souvenirs étaient donc tout frais, mais je prenais moins de recul face au récit. Ainsi, même si je vais tenter, en reprenant du début, de faire ressortir le moindre détail qui me semble important, ou les nombreuses anecdotes quotidiennes, je pense alléger la narration en ne racontant pas le moindre moment. Par exemple, je ne marquerai pas chaque fois que je fume une clope, ça permettra peut-être ma mère de ne pas s’enrager chaque fois qu’elle aura l’occasion de me lire. Cependant, j’annoterai le récit de mes pensées depuis le recul de mon clavier.  Je compte réécrire tout de manière chronologique, afin de mettre fin au désordre régnant sur mon blog par ces articles publiés au gré de mes pensées, ou avec une coupure, entre deux, dans le récit. Ne vous étonnez donc pas de voir tous mes écrits publiés jusqu’à présent disparaitre, c’est juste que je compte les remettre en ligne lorsque ce sera leur moment.

Avant de commencer mon histoire du début, je vais faire un bref résumé de l’année.

 

trajet-2011-2012.jpgAprès le premier voyage de presque un mois de fin aout au 20 septembre, je suis rentré en train depuis Paris, et j’ai passé deux semaines sur Luchon afin de préparer mon changement de vie. Je suis ensuite remonté à Bruxelles vers le 12 octobre afin de participer à l’Agora Mondiale du #15-O. J’ai donc pu voir la folie de l’HUB de Koekelberg et l’Acampada géniale du Parc du cinquantenaire. Après cela, j’ai voyagé avec un compagnon nommé Fred jusqu’à Nice. Nous fîmes le trajet Bruxelles à Paris à vélo, puis après avoir récupéré une carriole et un meilleur vélo pour Fred chez mon Grand Oncle, nous sommes allés jusqu’à Marseille en train, puis de Marseille à Nice à vélo. Là, j’ai participé au contre G-20 organisé pour contester le G-20 tout proche, à Cannes. Dans la foulée, j’ai participé à la préparation de la « Marcha Sustenible » (Marche Durable), dans un local à Nice, puis à ses débuts dans la vallée du Peillon. Lorsque Jo, un ami m’a rejoint, il m’a motivé pour quitter cette Marche afin de rejoindre la Marche d’Athènes. J’ai donc voyagé avec lui et Blanche à vélo, jusqu’à Gène, où nous avons rejoint l’une des branches de cette marche, la Marche Littorale, qui s’était séparée de la Marche Intérieure. Connaissant mieux les marcheurs de la seconde, et connaissant leur détermination, nous continuâmes donc notre route à vélo, Blanche et Moi, car Jo nous quitta à Gène. C’est ainsi qu’une centaine de kilomètres plus loin, nous rattrapâmes enfin la Marche d’Athènes passant par l’intérieur de l’Italie. Je suivi ce groupe jusqu’à Rome, durant près de deux mois, passant par Parmes, Bologne, Florence, Sienne, Peruge, et Assise, à travers le début de l’hiver italien. Après l’Agora Mondiale mi-janvier à Rome, je rentra chez moi vers le 20, en train, avec Kévin, l’ami avec qui j’étais allé à Bruxelles. Je repris la route le 03 mars, allant en train jusqu’à Bayonne. Depuis cette ville, je participa à la Marche Citoyenne Bayonne-Paris 2012, où nous arrivâmes le 21 avril. Après une dizaine de jours à Paris, je partis le 02 mai en train jusqu’à Vitoria-Gasteiz, avec Alejandra. Je fis avec elle ensuite une centaine de bornes à vélo, puis nous primes le train pour Burgos, puis Valladolid, chez des amis, et enfin Madrid. Là, je participa au #12M15M. Je repris la route en vélo le 18 mai jusqu’à Cuenca, puis alla de Cuenca à Valencia en train. J’y resta quelques jours, puis repartit jusqu’à Tarragona en pédalant. Je fis ensuite Tarragona-Barcelona en train, où je vécu deux semaines vraiment géniale. Puis, je repris le train pour repartir à Vitoria. De là, je  remonta vers le Nord jusqu’à Gernica, d’où je suivis la côte jusqu’à la France. Je continua à longer l’Atlantique jusqu’à Sanguinet, vers Arcachon, où avais lieux le festival Gemme la Résistance, et où je pus retrouver de nombreux amis rencontrés durant l’année. Je rentra ensuite jusqu’à Luchon à vélo, où je suis depuis une semaine à présent.

Ainsi se termine cette remise à plat d’une année, préparant à présent son récit et les leçons que j’en ai tiré. J’espère avoir le temps d’écrire tout ce que je veux cet été, afin de ne pas laisser ce travail inachevé lorsque je prendrai de nouveaux la route. Je vous souhaite une bonne lecture, et que le message d’espoir que je cherche à décripter et à retransmettre en ces temps vous atteigne et vous fasse réagir !

Peleran

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